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Trackers Ankama

[Solo] La plume d'Elva

Par theredmage#2127 - ABONNÉ - 29 Juillet 2015 - 15:36:57

Spoiler (cliquez ici pour afficher le spoil)

[HRP] Salutations chers amis rôliste,

Je n'ai jamais été très fan du forum officiel pour les RPs écrits, bien que j'y en ai lu nombre plus qu'admirables. Mais suite aux encouragements de quelques personnes, j'ai décidé de partager le fil de mes textes.
Voici le premier des douze RPs déjà écrits et non perdus.
Sra'.

Btw : N'hésitez pas à me faire part de vos critiques dans le poste adéquat, et si ça plait pourquoi ne pas poster la suite.[/HRP]


Il faisait froid en cette fin de mois de Septange. Raval avait alors fini son œuvre en ôtant vie à la végétation, la laissant déjà enterrée sous une fine pellicule de neige.
C'était un soir froid de Septange. Un peu plus qu'à l'ordinaire, et, au grand plaisir des enfants, se dressaient des bonhommes de neige.
La plupart étaient encore en pleine conception lorsque...

- MAMAAAAN ! Il me manque une cawooootte !

Un doux sourire aux lèvres, la mère qui observait sa petite fille depuis la fenêtre se redressa. Elle se dirigea vers la réserve où ils conservaient leurs aliments. Ils ? C'étaient eux trois. Une petite famille nouvellement installée quelque part à Amakna, bien loin de la vie pressante des grandes cités.

- Maaamaaaan !
- J'arrive, j'arrive ma chérie.

Impatiente, la fillette tournait en sautillant autour de sa sculpture à la recherche du moindre défaut. Cette année, elle voulait qu'il résiste jusqu'au printemps, au moins ! Elle tourna vivement la tête quand elle entendit le crissement d'un pas dans la neige. Un sourire illumina son visage lorsqu'elle vit sa mère arriver, une cawotte à la main. Elle courut se jeter à son cou en criant un long...

- Merciiiiii !

La jeune mère serra un instant sa fille dans ses bras, sentant deux petites mains gelées dans son dos, avant que celle-ci s'échappe avec la cawotte tant convoitée. Un peu derrière, en retrait, se tenait un grand homme, lui aussi souriant.

- Elle tient beaucoup de toi tu sais.

La mère se releva et alla dans les bras de l'homme, tournant son regard vers la fillette qui posait la cawotte avec une grande minutie, comme si c'était un élément capital dans la finalisation de son œuvre.

- Parce qu'elle est insaisissable ?

L'homme serra davantage ses bras autour de la taille de la mère. Avant que la fillette, ayant fini son bonhomme de neige, ne se retourne pour le montrer triomphalement.

- Non, ça c'est déjà...
- TADAa... Papaaa !

Cette fois-ci c'est à la jambe du père qu'elle courut s'accrocher. Les plis des vêtements plein de neige, elle glaça presque la jambe de l'ancien Bontarien qui conserva pourtant son sourire. D'une main il chassa la neige dans les cheveux de sa fille, lâchant la mère pour prendre la main de la fillette.

- Moi aussi je suis content de te voir ma puce. -puis il ajouta- On ferait bien de rentrer, sinon on aura plus qu'un glaçon pour seul enfant.
- C'est pas drôôôleee !

Les deux parents éclatèrent de rire au détriment de leur fille qui fit semblant de bouder. Jusqu'à ce que la mère ajoute :

- En plus le repas doit être prêt... Et j'ai fait des pancakes.

Toute trace de bouderie déserta le visage de la fillette qui lâcha la main de son père pour foncer droit vers la cuisine. Les parents redoublèrent de rire.

- Non, là elle tient plus de toi mon amour.

Ils rentrèrent à la suite de la petite fille qui avait laissé les portes ouvertes. Déjà assise à table, ses deux couverts en main, elle suivait sa mère du regard, attendant avec impatience les pancakes qui lui étaient désormais dû. Dans un grand sourire, sa mère, ancienne espionne chevronnée, spécialiste passée des assassinat, aujourd'hui rangée, en paix dans une petite maison perdue d'Amakna, n'imaginait pas que sa fille suivrait un jour un chemin similaire. Elle déposa un pancake tout juste cuit dans son assiette.

- Tiens Elva'. Fais attention, c'est encore chaud.

La petite fille se jeta sur le pancake comme si de rien n'était et l'enfourna dans sa bouche jusqu'à ce qu'elle soit pleine pour sourire à ses parents. Ce n'était pas dans ses habitudes, elle voulait juste faire rire ses parents. Sa blague fut accueilli d'un rire général. Ils étaient heureux, loin des conflits passés. Ses parents avaient affrontés bien des difficultés pour en arriver là. Ils l'avaient mérité.
Quand soudain, quelqu'un toqua à la porte. Les deux parents se regardèrent : Attendaient-ils de la visite ? Visiblement pas. Le père se leva, sur ses gardes n'ayant pas perdu des habitudes acquises le long de sa vie. Il entrouvrit la porte, puis le sourire se fit de nouveau une place sur son visage.

- Okino !
- Ravi de te revoir Fensael, ça faisait un bail.

Les deux hommes échangèrent un salut respectueux, bras contre le torse avant de se serrer amicalement dans les bras.

- T'as vieilli non ?
- T'as de la chance d'avoir une carrure de forgeron sinon je t'aurais broyé, déclara le dénommé Fensael en souriant. On a de la visite Thyrvia !

Une voix se fit entendre du fond de la pièce :

- Fais le entrer, malpoli !
- T'imagines même pas l'enfer que je... Murmura-t-il en plaisantant.
- J'ai entendu !

Le père se résigna à faire entrer Okino au plus vite. Ils arrivèrent dans la cuisine où Elvawen, la petite fille, finissait de manger. Aussitôt qu'Okino fut en vue, elle s'arrêta de manger pour dévisager l'inconnu de deux grands yeux verts émeraude.

- Elva', je te présente Okino. C'est... Ton oncle en quelque sorte.
- Je suis enchanté de faire ta connaissance Elvawen.

La fillette, n'ayant pas l'habitude de voir des invités à la maison, se rapprocha un peu de sa mère en murmurant :

- B'soir.
- Ah, j'allais oublié pourquoi je suis venu.

L'invité fouilla une de ses poches pour en tirer un étui long et fin.

- Comme tu me l'avais demandé.

Fensael saisit délicatement l'étui et l'ouvrit. Il regarda un instant le contenu avant de le tendre à sa femme assise à la table.

- Parfait, comme toujours. Je suis sûr que ça lui fera très plaisir !
- Oh, je n'en doute pas. L'acier que votre fournisseur m'a donné était vraiment de bonne qualité, cette lame résistera très longtemps !

Le père regarda sa fille qui fixait l'extérieur, comme si quelque chose la tracassait.

- Bien, je ne vais pas tarder. Surtout qu'on m'attend ce soir.
- On t'aurait bien proposé de rester dîner.
- Et j'aurais accepté avec grand plaisir, demain peut-être.

Les deux parents hochèrent simultanément la tête, et ils se levèrent pour raccompagner Okino à la porte. Pendant ce temps, Elvawen resta sagement dans la pièce.
Ils avaient laissé l'étui sur la table. Prise de curiosité comme tout enfant de son âge, elle se dirigea vers celui-ci délaissant son pancake restant. Elle le soupesa, et le trouva très léger, puis elle l'ouvrit délicatement pour y voir une petite dague finement forgée.

- Waaah.
- Eh ! Tu ne devais pas voir ça avant t...

La voix de son père fut coupée par la main de sa mère, comme s'il s'agissait d'un secret à ne pas dévoiler. Elva' reposa précipitamment l'étui, de peur de se faire gronder. Mais sa mère lui sourit, l'air de dire que ce n'était pas grave. Alors l'attention d'Elvawen revient à ce qu'elle avait vu par la fenêtre lorsque l'invité était là. La cawotte ! La cawotte était tombée !
Sans donner une explication, elle se leva et couru vers la porte d'entrée, passant entre ses parents. Fensael tenta de l'intercepter mais Thyrvia l'en dissuada d'un simple regard. Elle connaissait bien sa fille, et savait qu'elle avait une raison et qu'elle reviendrait vite. La porte claqua faiblement.

- Et si on mangeait nous, en attendant son retour ?

Le père, un peu inquiet de laisser sa fille partir dehors dans la nuit tombante, accepta néanmoins. Thyrvia avait quelque chose d’irrésistible au fond, il ne pouvait pas lutter. C'est en souriant qu'il s'assit à table et qu'il vit par la fenêtre sa fille récupérer la cawotte au sol.

~


La cawotte entre ses deux petites mains, Elvawen fit un grand sourire. Elle avait voulu se sauver, mais c'était sans compter la vigilance sans égale de la fillette ! Elle enfonça plus profondément encore la cawotte, puis se baissa pour récupérer de la neige.
Soudain, elle s'envola, sans comprendre, détruisant son chef d’œuvre en passant au travers. Elle roula dans la neige sur plusieurs mètres, puis entendit un bruit sourd.
Elle rouvrit les yeux, ne vit que la neige. Et les flocons qui tombaient. Et les étoiles un peu plus loin. Et le noir. Tout était silencieux
Elle ferma les yeux.
Il faisait froid en cette fin de mois de Septange.

[…]

Elle était sur une planche orange, longue, immense. Elle marchait, puis soudain, elle se mettait à courir, écartant les bras comme si elle voulait s'envoler. Elvawen sauta, de toute ses forces. Mais elle tombait, de plus en plus vite. Dans sa chute, elle se retourna, pour voir ce bonhomme de neige géant, qu'elle avait elle-même fait, un jour. Brusquement, le choc. Elle s'immobilisait au sol dans un bruit sourd, elle ne pouvait plus bouger. Et le monstre de neige lui souriait, il s'avançait, de plus en plus. Comment était-ce possible ? Il n'avait pas de jambes, il était fixé au sol ! Non, il s'effondrait, lui aussi. Sur elle. Mais elle ne pouvait pas bouger, ni même mettre ses mains devant son visage. La neige tomba sur ses jambes et la cawotte fonça droit sur sa tête, elle hurla.
Puis se redressa soudainement, dans un sursaut.
Quelque part, dans un coin désert et désormais inhabité en Amakna, une petite boule formée par la tombée de la neige se brisa, dévoilant une petite fillette.
Plus de monstre de neige. Plus de cawotte. Plus de cauchemards. Seulement de la neige. Et mal à la tête, ça oui. Et le froid glacial. Elle resserra ses bras contre elle, enfouit ses doigts gelés dessous.
Elle cligna des yeux, senti que ses yeux étaient glacés sous ses paupières. Autour d'elle, il n'y avait que la neige.
Elle se leva. Il fallait qu'elle bouge, pour se réchauffer, elle le savait. Comment, pourquoi, elle l'ignorait. Mais une voix lui disait qu'il fallait qu'elle bouge, et vite. En se levant, elle aperçut des morceau de pierre éparses, et du bois noir comme du charbon, à moitié enterré par la neige. Elle devait partir, vite.
La petite fille dont la tête tournait commença à s'éloigner, pas après pas. Elle ne vit pas le petit reflet argenté de la lune dans ce qui aurait du être son cadeau d'anniversaire. Elle ne vit pas la cawotte apportée par sa mère enfoncée dans la neige. Elle ne vit pas la trace rouge teintant la neige à l'endroit où elle était tombée. Elle ne vit pas ce rocher sur lequel elle fut propulsée qui lui vola ses souvenirs. Elle ne comprit pas que ce qui se dressait dans ces ruines était sa maison. Elle ne le comprendrait jamais.
Elle marchait doucement, quelque part, ailleurs. Loin de cet endroit sans vie où ne gisait aucun corps mais qu'une âme. Celle d'un foyer détruit.
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