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[Solo] Viandox le Parchomancien

Par enpreur - ABONNÉ - 23 Juin 2020 - 23:14:59

[Work In Progress]

Les trois
D'aussi loin qu'ils se souviennent, ils ont toujours été ensemble, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit. Pourtant bien différents, leurs caractères cohabitaient et chacun trouvait sa place. Les trois n'avaient qu'eux-mêmes dans la vie. Pas de famille, pas d'attache. Cela ne les dérangeait guère car ils ne connaissaient pas la solitude et savaient qu'ils pourraient toujours compter les uns sur les autres et ce, quoi qu'il puisse arriver.
Le premier, le plus téméraire et courageux avait pour habitude de foncer tête bêche dans tout ce qui croisait son chemin. Pas forcément le plus malin, il semblait toujours sur de lui et n'exprimait jamais de remords indépendamment de la tournure que pouvaient prendre les éléments autour de lui. Habituellement peu empathique, il ne semblait se soucier que de lui et un peu de ses deux acolytes.
Le deuxième était le malin de la bande. Il savait toujours juger les situations en un rien de temps et savait toujours faire retomber les tensions entre eux. Perspicace, il était d'un naturel curieux et sympathique.
Enfin le dernier était le petit timide. Toujours à se cacher derrière ses deux compères, il était d'un naturel inquiet et semblait toujours avoir peur de tout.

Le bateau
Ainsi, après avoir tenté en vain de survivre dans un monde qui ne leur accordait guère d'attention, ils entreprirent plusieurs méfaits pour persister, alliant vols à l'étalage et mercenariat pour de sombres commanditaires.
Mais ce mode de vie leur apporta de plus en plus de problèmes et afin de fuir cette société qui les repoussait et de s'affranchir des règles qui les ennuyaient, ils rejoignirent un groupe pirate voguant sur la mer d'asse pour le compte du Capitaine Bradly "à 3 dents".

La plage
Ses paupières s'ouvrir lentement. Ses pupilles étaient contractées car le soleil au zénith brillait de mille feux. Les vagues venaient frapper ses pieds et l'eau salée venait se glisser dans ses vêtements déchirés. Immobile, le temps s'écoulait lentement autour de lui. Peu à peu des sensations, à la fois connues et pourtant si nouvelles, lui arrivaient. Il sentait le froid de ses haillons trempés sur sa peau. La brulure du sel sur les blessures qui marbraient son corps. La douceur des rayons du soleil rechauffant la peau glacée de ses bras. La violence ardente du soleil brulant la peau blême de son visage.
Qu'était-il ?
Et le rythme des vagues continuaient impassibles et la mer s'éloignait peu à peu. Le soleil descendant doucement dans le ciel. Les heures s'écoulaient et des pensées se formaient dans son esprit puis disparaissaient aussi tot sans laisser de trace.

La rue
Lorsque la faim s'était puissamment manifesté, certains souvenirs avaient ressurgi au fond de lui. Bien qu'incapable de les projeter sur lui, comme si jamais il n'avait réellement connu ça, il semblait savoir ce qu'ils représentaient et il avait ainsi compris ce qu'il était. Une masse douloureuse, un corps meurtri et affamé, et avait difficilement mais finalement réussi à se relever puis s'était mis à marcher en direction de bâtiments visibles à l'horizon.
Étonnamment, bien que n'ayant jamais connu une ville, n'ayant jamais vécu avant, il semblait savoir ce qui se trouvait autour de lui. Et dès qu'il fut arrivé aux portes de la ville, il repérât une poubelle. Sans même savoir ce que c'était, il s'y dirigea puis plongea la main dedans et en sortit des restes puants de nourriture souillée qu'il se mit à manger sans hésiter.
Après plusieurs jours à dormir la journée, caché à l'abri des regards et à déambuler la nuit à la recherche de restes comestibles, sa conscience s'était peu à peu dérouillée, comme sortie d'un coma profond. Ses pensées étaient toujours confuses et primitives mais plus cohérentes qu'au premier jour. Il avait ressenti cette étrange sensation, comme s'il venait d'exister mais qu'il avait, au fond de lui, déjà assisté, en tant que spectateur, à toute une vie. Comme s'il était sorti d'un rêve de la longueur d'une vie qu'il commençait seulement à vivre. Mais pourquoi la plage ? Pourquoi les blessures ? Et surtout, pourquoi cette solitude accablante.
Lorsque des personnes passaient près de lui, les rares fois où il était de sortie, toutes semblaient ne pas le remarquer, ou tu dus moins volontairement l'ignorer. Il était invisible dans un monde qui ne voulait pas de lui.

La question
Après une nuit à fouiller les restes dans une série de petites ruelles, fatigué, il s'était arrêté et assis adossé à une des bâtisses bordant la rue, enroulé d'un reste de rideau, qu'il avait récupéré quelques jours auparavant, pour se protéger du froid. Les premières lueurs du jour n'avaient pas encore commencé à percer le ciel, la nuit était encore bien sombre. Un bruit attira son attention et un jeune homme fit son apparition au coin de la ruelle puis avança dans sa direction d'un pas rapide.
Lorsqu'il remarqua la forme immobile il ralentit le pas puis s'arrêta à sa hauteur.
"Hey toi, tu sais que tu n'as pas le droit d'être ici."
Quelques secondes passèrent sans un bruit.
"T'as de la chance que je sois de bonne humeur. Je m'en vais rejoindre mon groupe pour aller sauver le monde !"
Puis il laissa échapper un petit rire.
"En vrai, ce n'est pas rien, le monde devient fou et heureusement qu'il y a des gens comme nous pour remettre les autres sur le droit chemin ! Tsss, ils sont fous à faire ce qu'ils font en pensant qu'il n'y aura pas de conséquences. Les Dieux ne nous ont pas chéris et bénis jusqu'ici pour qu'on fasse n'importe quoi maintenant."
Puis il fixa la forme sombre pour y voir son visage.
"Tu fais pas n'importe quoi toi au moins ! Enfin, vu ton état, tu ne dois pas faire grand-chose. C'est qui ton Dieu ?"
Son sang s'était glacé, jamais quelqu'un ne lui avait posé de questions et il ne savait pas parler. Mais sans trop comprendre pourquoi ou comment, il ouvrir la bouche et répondit d'une voix rauque et cassée : "Sadida.", et fut choqué au son de sa propre voix mais ne le laissa guère apparaitre.
Ne semblant pas être perturbé par celle-ci, le jeune homme répondit :
"Ah, je n'aurais pas dit. T'as bien des poils mais j'aurais pensé qu'il en fallait plus que ça. Ou alors t'es un Zobal ?"
Il s'accroupit pour regarder son visage d'un peu plus près et réprima difficilement une grimace de dégout.
"Oula tu es salement amoché mon gars, tu devrais faire quelque chose. T'as de vilaines cloques sur le visage, ce n'est pas beau à voir. En tout cas t'as pas de masque, donc tu es bien un Sadida."
Il laissa passer quelques secondes en espérant un retour mais le silence se fit pesant.
"Bon, ce n'est pas tout, l'inquisition m'attend, traine pas ici, tu n'as pas le droit d'être là. Si je te recroise une fois je serais peut-être pas si sympa !"
Puis il s'éloigna d'un pas hâtif.

Le parchemin
Trois jours s'étaient écoulés depuis sa précédente altercation et depuis, de nombreuses pensées jaillissaient dans sa tête mais celles-ci restaient malheureusement fortes confuses. Alors que la nuit battait son plein, il errait de rue en rue à la recherche d'un maigre repas. Alors qu'il examinait le fond d'une poubelle afin de repérer de potentiel restes dans le but de ne pas y plonger la main aveuglement, une silhouette apparue en courant tout au bout de la longue rue, éclairée de dos par la lumière lunaire. L'homme courait à vive allure et sa respiration haletante résonnait le long des façades et faisait échos sur les pavés. Une fois arrivé à sa hauteur, il s'arrêta net et se courba quelques instants le temps de reprendre un peu son souffle. Ses traits étaient tirés par la peur et son regard cherchait anxieusement derrière lui des indices d'une éventuelle menace. L'homme leva ensuite les yeux et sans plus attendre ouvrit le col de sa veste, y glissa la main et en sortit un petit parchemin roulé et noué d'une ficelle en lin tout en marmonnant quelques mots haletants :
"C'était pas une bonne idée" puis après quelques respirations "Je ne veux plus avoir rien à faire avec eux" et finalement "J'en veux pas de leur merde, ça sera sans moi" puis jeta aux pieds de son interlocuteur le parchemin et reprit sa course immédiatement.
Intrigué, il fixait le parchemin au sol, sans comprendre ce qu'il venait de se passer mais sa réflexion fut de courte durée quand de nombreux bruits de pas se firent entendre du coté duquel l'homme était arrivé. Une dizaine de personnes jaillir d'une ruelle en trottinant puis s'étaient arrêté au carrefour. L'homme à la tête ordonna au groupe de se scinder en deux puis envoya une partie des hommes dans une autre ruelle avant de repartir au pas de course suivi des autres dans la direction que le fuyard avait empruntée.
Le parchemin gisait toujours par terre.
En se rapprochant, ils allaient bientôt pouvoir l'apercevoir. Et sans savoir pourquoi il allait faire ça, il fit un léger mouvement de pied pour tirer le parchemin sous son pied afin de le cacher. Le groupe passa devant lui en courant, certains jetèrent un coup d'oeil mais aucun ne lui accorda plus d'intérêt puis au bout de la rue, bifurquèrent dans la ruelle suivante et peu à peu le bruit de leur pas de course s'effaça dans la nuit.

La magie
Une fois le parchemin en main, une sensation de douce chaleur imprégna ses doigts et un frisson parcouru son corps. Il le déroula hâtivement et dès que ses yeux se posèrent sur les inscriptions écrites, d'intenses souvenirs jaillirent dans sa tête. Il sent la magie s'engouffrer dans son corps, une sensation qu'il semblait connaitre de sa vie d'avant et qu'il avait perdu depuis.

Le nom
Près de la milice se trouvait les tableaux des recherchés. Ces individus suffisamment dangereux pour avoir leur tête mise à prix.L'image d'une des affiches attira son attention, sur laquelle un individu masqué était représenté. En s'approchant il fut certain. Il connaissait ce masque. En dessous il était écrit: "Viandox, Capitaine des Pirates de Bradly".C'était clair maintenant.
Sur l'image était représenté l'un des trois. Le plus téméraire. Celui qui avait fait parler de lui. Celui qui inspirait la peur.
Mais c'était les trois qui étaient recherchés, car les trois ne sont finalement qu'un : Viandox.
Ils ne portaient qu'un nom car pour tout le monde, la différence semblait futile, simplement un masque. Et pour eux-mêmes, ils n'avaient pas guère besoin de noms pour communiquer.
C'était un Zobal.
Ils étaient un Zobal.
Mais il en était plus un.Alors qui était-il ?
Il n'était plus aucun des trois.
Il était définitivement seul mais il savait enfin qui il était, il était Viandox.

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Viandox c'est pas le nom d'une sauce

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