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[Solo] Violette Arteris, mercenaire de sang.

Par AegisG2#6808 - ABONNÉ - 07 Novembre 2017 - 11:14:23

[HRP] Salutations à tous, je me lance aujourd'hui dans la rédaction tout d'abord des origines de ma petite sacri Violette-Arteris du serveur Agride, puis de la narration de ses aventures présentes. Ce premier chapitre est donc un prélude, ainsi qu'au moins un qui suivra, avant de passer au "présent", quand j'ai donc créé le personnage en jeu.
Plusieurs choses pour commencer : ici je considère que Violette n'est pas apparue comme une âme s'incarnant à Incarnam, mais bien qu'elle est née, a des parents et a eu une croissance normale. Je ne conterai donc pas ses aventures sur Incarnam.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture de cette première entrée et de celles qui suivront ! [Fin HRP]
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Entrée 1
Une nuit mouvementée
 

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C'était une nuit d'un froid glacial dans le village d'Amakna. Les feux de cheminée commençaient à s'éteindre alors que les résidents dormaient profondément et confortablement dans leur lit. La taverne était presque vide à cette heure-là, et l'heure de la fermeture approchait à grands pas. C'est justement ce qu'entendirent les membres du personnel encore présents, des bruits de pas, de nombreux bruits de pas marchant à l'unisson. Une serveuse, curieuse, regarda par la fenêtre, tentant de discerner les détails à travers la pénombre nocturne.

Il fallut à ses yeux une courte période d'adaptation, mais elle parvint enfin à discerner les silhouettes d'un groupe d'une vingtaine de personnes aux habits peu rassurants. Le groupe en question ne se dirigeait pas vers la taverne, au grand réconfort de la serveuse qui était pétrifié à l'idée d'une attaque sur sa personne. Non, cette cohorte se dirigeait vers un lieu précis, vers une maison à l'apparence humble qui abritait pourtant une famille de petite renommée, la famille Arteris.

De génération en génération, les Arteris avaient suivi la profession de mercenaires, remplissant les quêtes qu'on leur proposait, moyennant finances ou ressources. Parfois il s'agissait simplement de délivrer un message ou de régler des affaires relationnelles, mais le plus souvent, il fallait frapper quelqu'un ou quelque chose dans les dents, et parfois même récupérer ces fameuses dents pour prouver que le contrat était rempli ! Certains Arteris suivaient un code de conduite, s'efforçant de rester dans le droit chemin, tandis que d'autres n'avaient aucun problème à traiter dans des complots ou aux côtés de démons et de brâkmariens. Ces divergences ont posé problème à plusieurs reprises, menant à une séparation de la famille en plusieurs fragments indépendants qu'il ne faudrait en aucun cas réunir pour un repas de famille : l'endroit où il aurait lieu finirait à coup sûr en cendres, peut-être même toute la ville !

Le groupe d'assassins ralentit la cadence à l'approche de la demeure de cette branche de la famille. Celle-ci comptait seulement trois personnes, Rose Arteris, son mari Nonho et sa fille, Violette, alors âgée de 12 ans. Les assassins se mirent en position, encerclant la maison en se plaçant dans des recoins sombres, tandis que trois d'entre eux cherchaient à entrer discrètement. L'un d'eux parvint à ouvrir une fenêtre qui menait à la chambre de Violette, sans bruit il passa par l'ouverture et s'approcha lentement de l'enfant, dague à la main.

Un pas, deux pas, trois pas, quatre pas, mais c'était celui de trop. Il fit crisser le bois en marchant sur une planche plus faible que les autres. Il resta pétrifié un instant, on lui avait parlé de Rose la sacrieur, elle était capable d'aller d'un point à un autre en un instant, et de pousser ses adversaires à faire de même, et si elle s'approchait trop, c'était la fin assurée. Pourtant, il n'entendit aucune réaction, un simple crissement de bois ne réveillerait personne dans une autre pièce de la maison à une heure pareille, et même Violette n'avait pas bougé d'un pouce.

« Violette !!! », le sram, qui s'était relaxé, redevint pétrifié alors qu'il entendait le cri retentissant de Rose, et à la seconde qui le suivit, l'assassin fut tiré hors de la maison à toute vitesse, poussant ses deux compères au passage. Il se retrouva face à la mercenaire qui s'était rangée. Il ne put l'observer qu'un bref moment avant de se faire expulser hors de sa vue d'un puissant coup de pied dans la face. Ses cheveux roux aux pointes magenta, ses tatouages formant trois crocs sur chacune de ses joues, et surtout son expression enragée seront ses seuls souvenirs d'elle alors qu'il sombrait dans l'inconscience.

L'ex-mercenaire sonda les alentours d'un regard inquisiteur. « Dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt, vingt et un, vingt-deux » marmonna-t-elle alors qu'elle comptait le nombre de menaces qui se dressaient devant elle. C'était loin d'être la première fois qu'on s'attaquait à elle en pleine nuit ou de la prendre par surprise, à tel point qu'elle avait développé un sens quasiment unique du repérage. « Bon, je suppose que l'effet de surprise est gâché alors ! » s'exclama un Roublard tout vêtu de noir, et d'une longue cape marquée du signe de Brâkmar, qui s'avança le premier, et d'un claquement de doigts fit sortir tous les assassins de leurs cachettes. « J'ai vu mieux comme assassins, certains auraient au moins essayé de rester camouflé pour m'attaquer dans le dos là où je ne m'y attend pas. Mais dites-moi, qu'est-ce qui me vaut votre visite à cette heure de la nuit ? » s'interrogea Rose, une main sur sa hanche, prenant une posture étonnamment détendue par rapport à la situation dans laquelle elle se trouvait. « Et comment se fait-il que vous soyez encore debout à cette heure, dehors ? Je croyais que vous aviez arrêté votre métier jugé trop dangereux pour vous et votre famille ! » demanda en retour le chef des assassins. « Héhé, je picolais juste un peu à la taverne, justement pour fêter l'anniversaire de ma retraite, puis j'ai entendu des bruits de pas suspects et je vous ai vu vous diriger droit vers chez moi. C'est dommage vous savez, j'aurais bien partagé quelques bières avec vous, mais vu ce que vous avez essayé de faire... » elle prit une pause dans son discours et sortit de sa posture détendue, « … c'est plutôt des pains que je vais partager ! »

Elle n'attendit pas de réponse pour tenter une attaque sur le chef, se projetant sur lui à tout vitesse. Ce dernier esquiva de toute pièce, laissant Rose atterrir sur sa réserve de bois de cheminée, détruisant quelques bûches au passage. Deux assassins se trouvaient sur sa gauche, à quelques pas de là, et ils tentèrent leur chance, saisissant leurs dagues pour tenter le coup fatal. « Non bande d'idiots ! » s'exclama le chef, mais il était trop tard, leurs dagues avaient touché Rose, dont les lèvres formèrent un sourire. D'un mouvement rapide, elle donna un coup à l'un de ses agresseurs, échangeant sa place avec lui avant de faire sortir une épée ensanglantée de ses plaies, qu'elle utilisa pour leur rendre la pareille. Puis elle la relâcha, sans qu'elle tombe au sol. A la place, l'épée se mit à léviter et à se mouvoir par ses propres moyens, fonçant sur le Roublard qui dirigeait le groupe tandis que Rose s'attaqua à ses hommes de main. Srams, Roublards, Ecaflips, Zobals, Xélors, les assaillants étaient nombreux et leur style de combat variable, mais la plupart n'étaient que de la petite racaille aux yeux de la mercenaire. Pendant ce temps, leur chef tentait en vain de donner des ordres à son groupe tout en combattant l'épée volante de Rose. S'il arrivait à éviter ses coups, il n'arrivait pas à se déplacer comme il le souhaitait, ni à placer ses bombes, se retrouvant ainsi forcé de combattre une épée... avec une autre épée !

Les assaillants tombaient les uns après les autres tandis que leur chef était malmené par une simple invocation, ce groupe n'était vraiment pas au niveau face au talent et à l'expérience de Rose, qui semblait presque, à la façon des Pandawa, tirer sa force de l'ivresse. Au moment où le meneur parvint enfin à se débarrasser de l'épée volante, son dernier sbire tomba au combat. Son regard croisa celui de Rose après s'être brièvement déposé sur ses hommes, battus à plate couture.

« La rumeur était donc vraie, tu es réellement digne d'un gardien de Dofus ! Tu es sûre que tu n'as pas un peu de sang de la déesse Sacrieur qui coule en toi ? » questionna le meneur de troupe d'un ton amusé. « Des questions, encore des questions... Tu devrais prendre la fuite, regarde l'état de tes hommes, j'y suis allée mollo avec eux et pourtant certains d'entre eux pourraient bien ne jamais se relever. Si tu restes, tu es le prochain sur ma liste, alors réfléchis bien. » menaça Rose d'un ton agressif et rabaissant, maintenant une posture de combat prête à parer à tout attaque ou à en lancer une à tout moment. « Mon choix est fait depuis que j'ai quitté Brakmar, tu as des comptes à rendre à ton frère, et le prix pour ce que tu as fait est la mort. », « Alors en garde » répondit Rose.

Le Roublard n'était pas un très bon combattant au corps à corps, mais il était très fort pour garder ses ennemis à distance, du moment qu'ils ne l'atteignaient pas. Les sorts s'enchaînaient entre le Roublard et la Sacrieur qui tentaient mutuellement de s'attirer et de se repousser. Rose savait qu'une erreur de sa part et elle se retrouverait dans le feu des bombes qu'avait placé le Roublard, elle n'était pas à l'aise face à cette classe, et elle avait besoin de se rapprocher, ce que lui refusait totalement son adversaire.

Les sons du combat qui traînait en longueur, à la surprise des deux opposants, réveillèrent les voisins. Au moment où il s'y attendait le moins, le Roublard, trop concentré sur Rose, fut frappé par une Flèche Reculante d'un Cra qui habitait à côté, se retrouvant alors au milieu de ses propres bombes, et à une distance beaucoup trop faible de Rose. Il tenta de s'échapper, mais des chaînes sortirent du sol pour l'en empêcher. « On dirait bien que notre petite entrevue nocturne prend fin. » ricana le Roublard. « J'ai dit que je partagerais des pains non ? », la sacrieur était profondément énervée et dégoûtée par l'être qu'elle avait en face de lui. Alors qu'il avait perdu tous ses hommes et qu'il se trouvait dans une position où il pourrait bien perdre la vie, il arrivait encore à rire de sa situation. C'était alors à son tour d'entreprendre un grand sourire sadique, alors qu'elle enchaîna violemment coups de pied et coups de poings sur le Roublard jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Rose et son voisin Cra qui l'avait aidé, Sirep, l'emmenèrent ensuite à la Milice d'Amakna de toute urgence pour qu'il réponde de ses actes.

Violette avait tout vu depuis le début de l'affrontement, elle avait été réveillée par le cri de sa mère et observait à la fenêtre, à la fois pétrifiée de peur et fascinée par la force et le charisme combatif de sa mère, qu'elle voyait pour la première fois. Ce jour-là planta la graine dans son esprit qu'un jour, elle voudrait devenir comme sa mère. Hélas, ce jour-là marquait aussi le début d'une suite d'événements qui allait profondément affecter sa famille.
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Entrée 2
Le combat du destin

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Au Kanojedo du village d'Amakna, des coups retentissants se faisaient entendre jusqu'à l'extérieur, accompagnés des cris d'une jeune fille, témoignant de ses efforts. « HA ! » s'écria-t-elle alors qu'elle portait le coup fatal au Poutch Ingball de niveau 25, faisant tomber le sac qui lui servait de tête, au sol. L'odeur de la sueur avait déjà envahi la pièce depuis un moment, au désagrément des autres personnes qui s'entraînaient là. Ils étaient pourtant assez impressionnés par les capacités de la jeune sacrieur qui s’exerçait depuis l'aube, tandis que l'appel du repas de midi commençait à décourager les autres. « Violette ! » entendit la jeune fille aux cheveux pourpres, son nom prononcé par une voix familière. Après un roulement agacé des yeux tant que sa mère ne pouvait pas le voir, Violette se retourna pour lui faire face.

« -Quoi ? » demanda-t-elle d'un ton rebelle.
« -Tu sais très bien quoi, je ne veux pas que tu t’entraînes, tu ne veux pas devenir comme moi, crois-moi. » Rose ne souhaitait pas que sa fille suive les traces de sa famille. Elle connaissait la vie de mercenaire et les situations risquées dans lesquelles elle s'était elle-même fourrée par le passé, ainsi que les quelques décisions qu'elle regrettait encore à ce jour. Ce n'est pas la vie qu'elle désirait pour sa fille. Si elle avait effectivement initié ses entraînements en combat pour que Violette sache un minimum se défendre, elle ne voulait pas que sa fille continue dans le but de suivre une vie de mercenaire, constamment confrontée au combat.

« -J'ai 16 ans maman, j'estime avoir le droit de faire ce que je désire le plus !  Si je veux m'entraîner, je le fais, y a rien de mal à ce que je sache me défendre pas vrai ? C'est toi qui me l'a dit quand on avait commencé !» Bientôt à la fin de l'adolescence, la petite fille qui avait observé sa mère se battre pour sa famille au cours de cette fameuse nuit avait bien grandi. Ses cheveux avaient poussé, ses tatouages de Sacrieur étaient apparus en nombre, ses formes féminines s'étaient précisées, accompagnées d'une musculature au-dessus de la moyenne, obtenue au fil des entraînements.
« -Tu es déjà capable de te défendre, tu pourrais même casser les dents d'un iop en combat à mains nues ! C'est suffisant non ? Maintenant rentre à la maison, on doit parler. »

« - J'en ai pas fini ici ! »
« - Si, tu en a fini ! Ouuu, peut-être que tu veux que je vienne te chercher moi-même ? » Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Rose. Même si elle ne voulait pas que Violette suive ses traces, elle ne put s'empêcher d'être curieuse de voir comment sa fille se débrouillait à présent. Casser les dents d'un iop en combat singulier ? Elle pouvait déjà le faire un an auparavant ! Ce dernier n'avait pas trop apprécié d'ailleurs.

Plutôt que de répondre par des mots, Violette laissa son corps envoyer un message clair alors que, tournée vers sa mère, elle se mit en position de combat, fronça les sourcils tout en lui lançant un grand sourire provocateur, suivi d'un mouvement de la main qui lui criait « Viens là ! ». Le message était clair, et les autres membres du Kanojedo le reçurent eux aussi. Les plus proches s'écartèrent, et si les autres l'avaient pu, ils auraient pris des paquets de friandise pour se bourrer la panse en regardant un combat prometteur.

« - Très bien alors... » Sans même prendre de posture de combat, Rose s'élança sur sa cible avec sa vitesse légendaire, mais Violette n'essaya même pas d'esquiver. Elle avait déjà vu ce mouvement bien trop souvent et savait précisément comment le parer, donnant un coup de paume puissant destiné à atteindre le ventre de sa mère alors que son bras gauche la couvrait et devait décaler le coup droit de sa mère, de sorte à ce qu'il passe à côté de son visage. Seulement, Rose savait pertinemment que sa fille connaissait ce coup d'approche, alors plutôt que de tenter un coup du poing droit au visage, elle saisit l'épaule de sa fille et s'en servit d'appui pour passer au-dessus d'elle, puis dans son dos, avant que celle-ci ne puisse la frapper dans l'estomac.

Profitant du temps mort qu'elle avait créé dans la garde de Violette, Rose lui porta un coup puissant dans le dos, destiné à la faire tomber au sol, où elle serait à sa mercis. Elle fut cependant surprise par la vitesse de réaction de sa fille, qui profita de sa déstabilisation et de son appui instinctif sur son pied droit pour tournoyer sur la droite et esquiver le coup de sa mère, se retournant au passage. C'était maintenant Rose, la plus déstabilisée des deux, alors qu'elle frappa le vent dans un élan peu maîtrisé. Au moment où elle retrouva son équilibre, un coup frôla son visage, coup qu'elle pu esquiver en reculant la tête. Le bras alors tendu de Violette, juste devant la tête de sa mère, se plia pour tenter un coup de coude, mais sa mère s'en saisit avant, attirant Violette pour enfin réussir à lui porter un coup de pied dans le ventre, repoussant aussitôt la sacrieur et la faisant s'écraser sur le tatami, fesses les premières.

L'échange fut bref, mais impressionnant, l'agilité de Rose face à la réactivité de Violette. En quelques secondes de combat les membres du Kanojedo eurent l'occasion de voir à quoi ressemblait une vraie combattante ; Rose volant ainsi la vedette à sa fille, se faisant acclamer par son public. Dans la tête de la gagnante cependant, c'était un tout autre discours qui défilait, elle réalisa que sa fille avait un vrai potentiel, qu'elle pourrait la surpasser, et pas qu'un peu. Si Violette avait été initiée à la voie des sacrieurs, ou plutôt à la magie qui y est liée, ce serait une adversaire redoutable au vu de ses capacités d'adaptation.

Rose ne put s'empêcher de tirer un léger sourire de contentement en comprenant tout cela, tendant sa main à Violette pour l'aider à se relever.
« - J'ai gagné, maintenant il faut rentrer. »
« - Qui a dit que c'était un combat en un coup ?! » protesta Violette.
« - Je ne voudrais pas te blesser Violette, et puis... » Rose réfléchit un instant, coupant sa phrase en plein milieu, laissant planer un silence agaçant pour la jeune guerrière.« - Et puis ? »

« - Et puis tu ne tiendras pas tant que tu ne sera pas une vraie sacrieur. Tu es douée... » Les yeux de Violette s'illuminèrent en entendant ça, elle pensait comprendre où sa mère voulait en venir, comme si cette dernière allait enfin la laisser faire ce qu'elle souhaite et suivre sa voie. Dans tous les cas, elle appréciait beaucoup de recevoir ce genre de compliment de la part de son héroïne. « … mais si tu ne sais qu'utiliser tes poings ça ne va pas te mener bien loin et... » Rose se coupa dans son discours une fois de plus en voyant les yeux de sa fille scintiller comme ceux d'un enfant à qui on donnerait une sucette en plein milieu de la Foire du Trool.
« Écoutes, je fais ça uniquement pour que tu sois vraiment capable de te protéger en cas de problème, rien d'autre, compris ? » Au fond d'elle, elle savait qu'elle se mentait à elle aussi, elle allait vraiment donner sa liberté à Violette ; si elle ne le faisait pas, Violette finirait par partir d'elle même de toute façon.

Violette se contenta de hocher la tête avec énergie pour manifester qu'elle comprenait. Bien sûr, ce qu'elle comprenait plutôt ici, c'était que sa mère allait enfin l'aider à devenir mercenaire. « Incorrigible », pensa sa mère alors qu'elle voyait très bien quel train de pensée traversait l'esprit de Violette, mais elle laissa passer la chose pour cette fois.

« - Quand on sera rentrées à la maison je vais te donner un insigne, prépares des affaires pour partir dès demain à l'aube, je t'accompagnerai au temple Sacrieur. Il est temps que tu suives une initiation à notre magie. » Les yeux de Violette étaient tellement dilatés qu'on aurait cru qu'ils sortaient de leurs orbites, et elle tirait le plus grand des sourires alors qu'elle pouvait enfin relâcher toutes ces émotions.
« - OUI ! MERCI MAMAN, ENFIN TU M'ECOUTES ! » s'exclama alors Violette, plus heureuse que jamais, ce qui émut un peu les autres combattants du Kanojedo, qui regardaient la scène avec grande attention depuis tout à l'heure. Aaah, si seulement ils avaient su qu'ils assisteraient à pareille pièce de théâtre, ils auraient apporté des sièges pour être dans des conditions plus confortables !

« - Du calme Violette, ne prend pas tout ça à la légère. D'accord, je vais te laisser suivre ton initiation magique, j'aurais dû le faire depuis un moment déjà, dès que tu as rejoint le culte en fait... mais réfléchis bien pendant ce temps. Aussi, n'oublie jamais nos principes Violette, les fidèles de Sacrieur défendent les opprimés et châtient les oppresseurs. Nous sommes du côté de la justice, ne l'oublie pas, et demande-toi bien si c'est compatible avec ce que tu veux devenir. »
« - D'accord... » répondit Violette dans le respect de sa mère, il n'aurait pas fallu faire de dérapage à un moment pareil après tout, ou elle pourrait revenir sur sa décision en un éclair.

Et la journée passa, Violette fit ses bagages sans attendre une fois rentrée, et Rose dut expliquer à son mari ce qu'elle avait décidé, ce à quoi il donna son approbation sans discussion : il savait très bien que rien n'arrêterait sa fille de faire ce qu'elle voulait. Le lendemain à l'aube, Violette enfila son gros sac et partit en direction du temple, accompagnée par Rose, une expression d'incertitude parcourant le visage de cette dernière. Une fois arrivées à la cascade qui cachait le temple, Rose donna à sa fille un insigne avec l'emblème de Sacrieur : une goutte écarlate tombant dans une flaque de sang. Serrant sa fille dans les bras une dernière fois, elle repartit en direction du village d'Amakna, à partir de ce moment, c'était à Violette d'écrire son histoire, et elle commencerait au temple Sacrieur. Violette se retourna un instant, regardant sa mère de dos alors qu'elle repartait, puis le son de l'eau s'écoulant ramena ses yeux en direction de l'entrée du temple. Un sentiment pesant remplit alors son cœur : ça y est, elle y était, le début de son aventure, derrière cette cascade se trouvait son futur, tous ses futurs possibles. Avalant sa salive et relâchant un soupir, elle entama sa marche vers la porte dissimulée.
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