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[Solo] Lyciane Luna, la Faucheuse

Par KrennA - ABONNÉ - 06 Mars 2018 - 03:52:45
Prologue - L'Infortune du Faucheur

Le tintement d'une pièce résonnait dans la bicoque perdue, quelque part en Amakna. Lorsqu'elle récupéra la pièce dans sa paume, l'Ecaflip la regarda pendant quelques secondes, fermant un court instant ses yeux félins, dorés. La pièce n'était pas un kama, mais le genre de pièce qui pourrait servir de monnaie dans la Foire du Trool. Argentée, légèrement usée, le côté face s'ornait de l'image d'une femme aux cheveux longs, tandis que le côté pile s'ornait d'un crâne encapuchonné. Pour le premier venu, ce n'était qu'une pièce, probablement dans valeur, mais pour elle, c'était un objet important.

Quelqu'un entra dans la bicoque délabrée, l'inconnu ôtant sa capuche une fois la porte refermée. C'était un homme, aux cheveux noirs, ses yeux gris se démarquant dans la luminosité faiblarde de la ruine de bois. Il sursauta quand un léger toussotement de l'Ecaflip rompit le silence, celle ci s'installant sur une caisse placée devant une autre caisse, faisant office de table. L'homme s'assit sur un tabouret délabré aux pieds branlants, manquant de chuter sur le sol poussiéreux et s'accrochant d'une main frêle à la caisse faisant office de table. Il était nerveux, et l'Ecaflip le sentait, esquissant un sourire aux canines pointues vers son interlocuteur. Elle se contentait d'attendre, fixant de ses yeux dorés l'homme qui l'avait rejoint.

Il voulut lui expliquer ce qu'il attendait d'elle, mais elle l'arrêta dans son élan, lui rappelant à qui il s'adressait. Lyciane Luna, la Faucheuse, ne portait pas un surnom aussi peu commun pour une Ecaflip sans raison. Elle lui exposa sa malédiction, l'Infortune du Faucheur. Quoiqu'elle aie pu tenter dans sa vie, rien ne se passait à son avantage, ni à celui de ses alliés s'ils existaient. Une escorte d'érudits? L'embuscade les attendait, dans un passage étroit. Une chasse à l'homme, ou au monstre? L'ennemi prenait la fuite, appelait des renforts, ou prenait des décisions surprise la mettant dans des situations délicates. La Chance ne la suivait pas, mais cela ne l'empêchait pas de pouvoir manier l'art que tout disciple d'Ecaflip apprenait, sa déveine se muant en une chance insolente quand il s'agissait de blesser quelqu'un. L'homme était averti, mais il n'en avait cure, exposant donc à l'Ecaflip ce qu'il désirait, payant d'avance un bourse de kamas large et bien remplie.

Elle se leva, s'emparant de son arme posée contre le mur. C'était une lame forgée par les maîtres artisans Pandawa, selon un vieux manuscrit retrouvé par la jeune femme, il y a longtemps. Le fourreau était des plus simples, façonné dans du Bambou sombre teint en noir, la garde de l'arme étant elle d'un blanc immaculé. Elle sortit un instant la lame, révélant un ouvrage de qualité, gravée de quelques symboles anciens et dont le tranchant, une décoration à l'origine argentée, était d'un rouge rappelant le sang. L'homme recula, voyant l'Ecaflip s'approcher, la lame pointant dangereusement vers sa gorge. Acculé contre un mur, il ne peut qu'écarquiller les yeux alors que l'arme s'enfonçait dans sa poitrine, transperçant les poumons et ressortant dans son dos. Elle posa le pied contre le torse inanimé de l'homme, extrayant la lame de la chair, nettoyant le fer à l'aide d'un chiffon qui traînait, et remettant la lame dans son fourreau. Elle traîna ensuite le corps derrière la maison, et l'enterra sans cérémonie, s'aidant d'une pelle rouillée laissée sur le sol, à l'abandon. Sa macabre besogne effectuée, elle s'en alla accomplir son contrat.

Astrub était une ville qu'elle fuyait, en temps normal. Débutants comme vétérans se retrouvaient régulièrement dans ce qui était un des cœurs du commerce du Monde des Douze, et le brouhaha incessant de la ville lui faisait se dresser les poils sur la nuque. Elle décida de rapidement boucler ce contrat et de vite retourner à la tranquillité, loin du vacarme de la ville. Sa cible était une disciple de la Déesse Féca, apparemment sans histoire. Lyciane la suivit pendant quelques temps, cherchant dans son quotidien ce qui avait poussé l'homme à vouloir sa mort. Rien, dans ses gestes, ou ses habitudes, ne laissait transparaître une quelconque raison de s'attirer l'ire d'assassins. pendant un instant, l'Ecaflip se dit que sa cible était chanceuse d'être tombée sur elle, plutôt que sur un disciple de Sram. Ceux là n'auraient pas hésité à l'éliminer sans poser de questions. Mais son travail était différent de celui des adeptes de Sram.

Elle profita que sa cible soit à la taverne d'Astrub, un jour, pour lui offrir un verre, s'attirant sa sympathie très rapidement. Elle était une habituée, et après quelques verres d'une bière coupée à l'eau, finit par révéler que le commanditaire de l'assassinat n'était qu'un ancien amant éconduit et follement jaloux. Lyciane lui tendit la bourse, et lui exposa les faits. Horrifiée, la jeune Féca ne put que remercier celle qui l'avait finalement sauvée d'une mort horrible, orchestrée par un homme jaloux. Après lui avoir offert une dernière bière à l'eau, Lyciane s'éloigna, faisant à nouveau sauter sa pièce fétiche.

La pièce tomba sur pile, comme toujours, dévoilant le crâne à ses deux yeux félins. La porte de la taverne s'ouvrit à la volée, dévoilant une bande d'adolescents du village venus faire leur loi dans une taverne calme ce jour là. Elle ignora complètement les nouveaux arrivants, se dirigeant vers la sortie. Celui qui semblait être le chef de cette petite bande la suivit, la provoquant et cherchant à récupérer les quelques kamas qu'elle avait sur elle. En voyant la pièce d'argent, il s'intéressa très vite à celle ci, cherchant à la dérober alors que Lyciane l'avait à nouveau lancée en l'air. Elle relança la pièce, assez haut pour que le petit fragment de métal ne soit plus visible, puis dégaina un jeu de cartes noir. Depuis la taverne, on entendit le bruit des cartes battues, un cri de douleur, et puis, le son d'une pièce qui retombait dans une main.
Le chef de la bande de jeunes était blessé à l'épaule, le regard terrifié fixant l'Ecaflip, un As de Pique dans une main, et sa pièce fétiche dans l'autre. Son regard s'étrécit, et les jeunes prirent la fuite. Elle espérait qu'ils avaient retenu la leçon.

Personne ne provoque la Faucheuse.


Page 1 - La voie des Mers
[OST]

Les mers du Monde des Douze n'étaient pas ce que l'on pourrait appeler des plus accueillantes. Les créatures qui vivaient dans celles ci étaient des plus agressives, et il n'était pas rare que les navires marchands, voire touristiques, engagent des mercenaires pour assurer leur sécurité en cas d'attaque de monstres, ou de pirates. Ce jour là, Lyciane s'était faite engager par le capitaine d'un navire peu connu dans les ports d'Amakna, le Coule-Flots. Et pour cause, ce capitaine était un pirate, du genre agressif qui plus est. Cela ne la gênait pas outre mesure, le paiement était correct et tout fut réglé à l'avance. L'homme ne cherchait qu'une seule chose, en réalité, aborder un navire marchand qui faisait régulièrement la route entre le Nord et le Sud d'Amakna, en transportant des marchandises de provenance douteuse. "Un pirate honnête? Bizarre." s'était-elle dit. Elle saurait rapidement si l'homme méritait de voguer sur les mers, ou s'ils devait nourrir les pichons.

Les eaux étaient calmes, et la nuit l'était encore plus. La jeune femme ne s'en formalisait pas, surveillant le moindre mouvement, perchée en haut d'un mât. Un navire de pêche s'éloigna d'une côte proche, parcourant quelques mètres avant de s'immobiliser, son occupant profitant du calme nocturne pour laisser flotter sa ligne. Un peu plus tard, un petit voilier s'engagea sur les eaux, frôlant les côtes en voyant le navire pirate aux loin, sans doute se pensait il cible d'un quelconque abordage. Sur le navire, la moitié de l'équipage dormait, ronflant à en faire craquer les planches du pont. Seul le capitaine ne prenait pas de repos, passant par moments sur le pont pour voir si sa passagère n'avait pas pris la poudre d'escampette. Les marins étaient déjà très superstitieux, mais ce capitaine là l'était bien plus que la moyenne. L'Infortune du Faucheur lui avait fait prendre des dispositions inhabituelles pour un abordage aussi simple, mais il ne pouvait pas se permettre d'échouer.

L'aube se leva, et un navire pointa le bout de son mât. La cible du Coule-Flots, le fameux navire marchand suspect. Le capitaine ordonna d'attendre, laissant leur cible s'approcher lentement, le temps s'arrêtant presque pendant de longues heures, les hommes prêts à passer à l'attaque. Quand le navire fut à portée suffisante, l'abordage commença. Les canons brisèrent un des mâts du navire marchand, et les grappins des pirates rapprochèrent les deux navires, les hommes courant habilement sur leurs ponts de fortune pour assaillir les quelques mercenaires protégeant la cargaison si précieuse. Leur capitaine sortit de sa cabine au moment même où Lyciane embarquait sur le navire cible. Un homme massif, armé d'une lourde épée, le genre d'arme peu adaptée pour un voyage en mer. L'Ecaflip esquissa un léger sourire, se réservant le capitaine pour elle seule. Elle avait un avantage certain, l'épée de son ennemi se fichant dans le sol alors qu'il tenta simplement de l'attaquer. Stupide mais brutal, était-ce un marin disciple de Iop? Peut être. La lame de la jeune femme faucha son bras d'arme, laissant une profonde entaille dans la chair. Elle s'empara de son jeu de cartes, lançant l'une d'elles qui se planta dans sa jambe droite, l'immobilisant temporairement dans le sol. Elle le fixait, alors qu'il était incapable de contrer ses attaques, attendant simplement qu'il parle.

Le capitaine qui l'avait engagée n'avait pas tort. Ce navire suspect transportait bien des marchandises de contrebande, mais le blessé jura qu'il n'en connaissait pas les destinataires. Il devait simplement livrer la marchandise à Sufokia, dans un entrepôt à l'écart de la ville. Après un bref signe de tête, Lyciane s'éloigna, confiant ce témoignage à son commanditaire. Le blesse leva la tête, interpellant la jeune femme, et lui posant une unique question.

-
Tu laisse vivre un ennemi?
- Tu n'es pas un ennemi. Juste un pion.

Sur ces mots, elle reprit la mer. la Faucheuse est impitoyable, mais juste.

Page 2 - Tempête souterraine
[OST]
Elle s'était rendue. C'était une surprise pour les gardes d'Amakna qu'une criminelle recherchée se rende d'elle même aux autorités, surtout une de son gabarit. Elle ne réfuta même pas les charges qui pesaient contre elle: Assassinat, séquestration et torture. Le procès fut expédié et elle fut condamnée à la prison à vie, enfermée dès que possible dans les profondeurs de la prison d'Amakna pour le restant de ses jours... C'est ce qui était prévu, au départ. Enfermée dans une cellule avec deux autres détenus, elle fut déplacée quand ils furent retrouvés morts, un matin, le crâne défoncé par une brique déchaussée du mur de la prison. Elle n'y était pour rien, mais les gardes ne voulaient rien savoir, et la changèrent de cellule, s'enfonçant encore plus profondément dans la prison. Ils durent faire cette démarche deux fois dans le même mois, finissant par isoler la jeune femme, tant les incidents arrivaient dans les cellules plus classiques. Les détenus qui étaient proches d'elle se blessaient plus ou moins gravement, mouraient dans la plupart des cas, par des incidents qui auraient pu arriver à n'importe qui. Mais au fond, elle savait que c'était sa "chance" personnelle.

Au plus profond de la prison d'Amakna, un autre monde existait, avec ses propres règles. Les gardes évitaient les lieux, laissant les prisonnier faire leur loi, celle du plus fort, mais aucun ne pouvait sortir de ces lieux que tous appelaient "La Salle de l'oubli". Ce n'était plus une prison, mais une arène, où seule la survie comptait. Elle survivait, tandis que les morts dans cette fosse se multipliaient dangereusement depuis qu'elle y avait été envoyée. Les plus faibles périssaient, les autres n'avaient que quelques cicatrices de plus à ajouter à leur collection, pour leur plus grand bonheur. Elle apprit que beaucoup espéraient tout de même sortir de là, certains condamnés par injustice, d'autres aspirant simplement à l'air libre, souhaitant se reconvertir, ou simplement être plus discrets. Et cela lui donna une idée pour accomplir son objectif...

Elle réunit les prisonnier, attisa la colère en eux, chose qui fut plutôt aisée. Et une fois convaincus, elle fit provoquer une émeute. Les prisonniers de la fosse libéraient, avec leurs armes fabriquées sur le tas, les autres prisonniers, qui rejoignirent la lutte. Les gardes intervinrent rapidement, enfermant les plus faibles et les plus faciles à restreindre, tuant les plus acharnés qui refusèrent de se rendre ou qui combattaient les soldats, malgré l'équilibre de forces en leur défaveur. Puis, un cri fendit la bataille, tous se retournant vers la jeune Ecaflip, qui tenait entre ses griffes la tête d'un des gardes qui hurlait de douleur, les yeux transpercés. Elle enfonça ses griffes dans la chair du garde, déchirant sa peau, éclaboussant de sang sa fourrure blanche, puis laissa tomber l'homme, interne et décédé. Pendant un instant, le temps sembla s'arrêter, et même s'inverser. Les prisonnier émeutiers reculèrent, poussés par les gardes, retournant à leur cellule, sans même opposer la moindre résistance. Habitués à la violence, ils n'avaient cependant jamais vu une telle barbarie chez quiconque, surtout venant de la part d'une femme, Ecaflip qui plus est.

Un second procès se tint, et elle exposa l'entièreté de son plan. Le garde qu'elle avait tué trempait dans un trafic de marchandises interdites provenant de terre éloignées, et elle avait pour ordre de l'éliminer, chose qui fut faite. La prison, l'émeute? Tout faisait partie de son plan, soutirant l'étonnement chez les jurés et les soldats présents. Elle fut tout de même condamnée pour ses précédents crimes, mais pas à vie, chacun de ses contrats ayant rétabli une certaine forme de justice en ce monde. Elle fut enfermée deux ans, où elle ne changea pas vraiment d'avis.

La Faucheuse existe pour faucher les âmes. Autant choisir les plus noires.
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