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[Multi] Taverne d'Hambaldad

Par gryfeu - ANCIEN ABONNÉ - 02 Mai 2018 - 12:13:20

Alfonso Krahte était sorti du tribunal avec un certain dépit, son client avait été jugé coupable dans cette affaire de meurtre, alors que tout portait à prouver son innocence. Il en était convaincu.

Il avait pourtant donnée le meilleur de lui même... En vain.
Cela n'avait pas était suffisant, il allait devoir encore travailler sa plaidoirie.

C'est avec la tête pleine de réflexions qu'il poussa les battants de la taverne, afin d'aller y trouver de quoi faire passer le goût amer qu'il avait dans la bouche.

Il commanda au tavernier :

"Une blonde, bien fraiche !"

Le tavernier le servit en maugréant un patois incompréhensible.

Alfonso le remercia d'un signe de la tête et paya son dû. Puis il se dirigea vers la terrasse afin d'y profiter des derniers rayons du soleil.
Installé, il sortit sa blague à Kalyptus, afin de s'offrir une cigarette en sirotant sa bière.

Il prêta un instant attention au gens qui l'entourait, les discussions allaient bon train. En effet les échos du jugement de l'affaire résonnaient dans toute la ville, et chacun voulait en faire de son propre commentaire. Comme si cela pouvait y changer quoi que ce soit...

Revenant à ses propres réflexions, il se fit une raison en se disant que ce n'était certainement pas la première fois que le couperet de la justice tombait à coté.


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La première gorgée de bière fit frémir les sens du jeune homme, et un léger frisson parcouru son échine; avant que son corps tout entier ne commence enfin à se relâcher.
L'intense concentration requise durant l'audience avait accumulé des nœuds de tension dans son dos et il s'étira un bref instant espérant ainsi libérer autant son corps que son esprit.

Il était arrivé à Hambaldad que quelques mois auparavant, fraîchement diplômé du barreau d'Amakna, et ne s'était retrouvé jusque la seulement devant quelques menus larcins et autres querelles de voisinages. La ville accusait ses quelques milliers d'habitants, mais n'avait pas l'envergure d'une cité comme Astrub ou Bonta. Quoique, d'après les dires de certains de ses confrères les actes hors la loi était en en recrudescence depuis quelques années. Mais était ce la une part de vérité ou une manifestation du syndrome du Ré-Trop-Viseur, la question restait en suspens pour Alfonso.

Sur ses réflexions, il alluma la cigarette qu'il venait de rouler et commença a tirer doucement quelques bouffées de fumée.

Il ne s'imaginait pas en arriver la, lui qui pensait s'éloigner du tumulte de la ville en partant d'Amakna, il avait même chercher à trouver logement en périphérie d'Hambaldad dans le but de profiter d'un air plus respirable. Comme souvent lorsque on se trouve devant l'inconnu, Alfonso hésitait sur la conduite à tenir, devait il retourner voir son client ? Lui qui devait à présent vivre un calvaire... Aller interroger celui qui pour lui était le réel coupable de cette affaire ? Au risque de subir le même sort que la victime.... Ou laisser complétement tomber et passer outre ? Au risque d'accumuler quelques remords.

Alfonso repoussa ses interrogations et se mis à observer son environnement, la rue n'était pas passante, mais tout de même fréquentée, les quelques tables de la taverne était installée sur un parvis et à cette heure peu avancée de la soirée un certain nombre de clients y dégustait déjà un rafraichissement autour de discussions animées. Il percevait quelques bribes ici et la :

".............. toxicomane .............................................. super Fée d'Artifice ................................. aucun innocent ........................ quel honte ........................ une vraie mafia ........................ contrebande illégal ...................................... le fils .................................................. enceinte depuis des mois .................................... maudite secte ..................... faux documents ! .........."

Le bar derrière lui affichait une carte blanchit par le soleil, quelques banderoles de l'équipe de Boufbowl locale, et une décoration sobre, quoiqu'un peu désuète pour un citadin, cela cependant n'enlevait rien au charme de l'endroit. Et il s'y sentait bien, il espérait qu'ici au milieu de la foule, personne ne se douterait qu'il avait était celui qui avait accompagné jusqu'en prison, le dénommé coupable de cette affaire qui flottait sur toute les bouches. 

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Les journées ensoleillées en ville étaient une vraie foire du Trool. Les activités ne manquaient pas : flâner le long des échoppes, prendre l'air dans les parcs, se détendre à une terrasse, se tenir au frais dans l'arrière-salle d'un restaurant... autant de plaisirs futiles qui remplissaient les rues d'une foule grouillante. Cette dernière offrait une couverture idéale pour ceux qui ont à faire dans l'obscurité même quand le soleil trône encore. Comme suivre un avocat, plongé dans ses pensées, jusqu'à un bar.

Les ombres de début de soirée n'arriveraient pas avant quelques heures. Mais celle qui s'approcha d'Alfonso Krahte était particulièrement entreprenante.

- Bonjour ! Vous êtes Maître Krahte ?

L'interpellation lancée venait d'une femme qui se tenait debout à la gauche de l'avocat. Elle affichait un air fort sobre, peut-être souligné par sa coiffure qui ne laissait pas le moindre de ses cheveux noirs et épais s'échapper de sa natte unique à l'arrière du crâne. Grande à la peau mate, elle portait une tunique bleu nuit dont les manches étaient des bandes, de la même teinte, enroulées autour de ses bras longs et fins. Son pantalon, un peu plus sombre, large et aux plis nombreux pouvait laisser penser être une jupe longue.

Une fois qu'elle eut l'attention d'Alphonso, la femme d'une trentaine d'années fit un pas en avant vers lui et tendit sa main en souriant d'un air légèrement désolé. Dans son autre main, à hauteur de sa hanche, elle tenait un petit carnet.

- Je m'appelle Aniram Lepiou. Je suis archiviste au tribunal. Puis-je me joindre à vous ? J'aimerais beaucoup discuter avec vous ! Connaître votre avis sur la décision du jury et le déroulement général du procès...

Attendant d'être invitée à s'assoir ou à partir, elle ajouta :

- Mais je comprends et tiens à m'excuser si ma curiosité est indiscrète ! C'est juste que j'ai suivi le déroulé avec beaucoup d'intérêt et ce genre de sujet me passionne.

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Alfonso eut un léger sursaut, tant l'arrivée de cette apparition avait échappé à la perception de ses sens, et le ramenait brusquement à la réalité matériel. Il saisit néanmoins la main qu'on lui tendait avec un grand sourire, mi amusé, mi méfiant d'être appelé ainsi hors du contexte judiciaire. Il salua la nouvelle arrivante en lui indiquant une place en face de lui.

"Ravi de faire votre connaissance. Je vous en prie prenez place."

Puis il enchaîna rapidement, le temps que son interlocutrice s'installe.

"En effet, c'est passionnant, d'autant plus que ce procès brille autant par sa brièveté que par les libertés qui ont été prises par l'ensemble de l'administration judiciaire qu'ils soient membres ou partis. Et je ne vous cache pas que le résultat me laisse quelque peu dubitatif quant à sa légitimité.
Et tout ceci me laisse dans un désarroi qui me pousse également a vouloir en savoir plus."


Sur ces paroles il fit une pause, pour prêter attention à la réaction de son vis à vis.

"Mais vous disposez peut être d'informations que je n'ai pas ? Et je serais très curieux d'entendre un avis extérieur, car je suis certain d'avoir laissé échappé quelque indications qui pourrais confirmer ou infirmer mes soupçons."

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La réponse de l'avocat surprit Aniram. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit si loquace et direct. Était-il encore en train de digérer sa "défaite" ? Avait-il des éléments qui lui permettaient de tenir un discours si accusateur ? De la part d'un acteur du système judiciaire, Aniram aurait parié sur plus de réserve et une critique moins virulente de ce qui était une "décision de justice" - terme quelque peu sacralisé.

Pour autant la femme essaya de ne rien laisser paraître quand, à la fin des propos d'Alfonso, elle ne sut pas répondre immédiatement. Aniram combla cet instant de flottement par un lent acquiescement de tête pour se donner un air très concerné. Elle éclipsa cet instant d'instabilité par de la flatterie qu'elle dispersa poliment et sans sourire.

- Vos propos sont durs, Maître Krahte. Je vois que la détermination qui vous a animé le long de ce procès n'était pas jouée.

Aniram s'était placée de manière à avoir un mur de la façade de l'établissement dans son dos, quitte à devoir s'installer un peu près de l'avocat. Ses yeux d'un marron sombre mimaient de se promener entre ceux de son interlocuteur et la rue.

- Il m'est effectivement parvenu des éléments qui peuvent laisser douter de la partialité et de la légitimité de ce jugement. Mais, même sans ces informations, il n'a échappé à personne que vous avez réalisé la meilleure plaidoirie de ce procès. Ni que certains de vos confrères se sont attirés davantage les foudres du juge Depet ou n'avaient clairement rien à faire dans la position qui était la leur.

La femme fit une pause pour faire un signe au tenancier de l'établissement qu'elle souhaitait passer commande depuis la terrasse. Elle reprit.

- Je peux vous affirmer que la décision d'inculper l'homme que vous défendiez a été lourdement influencée par plusieurs membres du jury qui ont des intérêts communs. Il s'agit de représentants de la divinité mineure "Shariva". Vous en avez déjà entendu parler ?

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Alfonso apprécia les compliments qu'on lui faisait, venant d'une consœur, et qui plus est paraissait avoir plus d'ancienneté que lui. Il ne flancha cependant pas, d'une part l'absence d'expression pouvait laisser à penser que cela ne pouvait être que de simples formalités, mais surtout que d'autre part les propos de la jeune femme attirèrent immédiatement son attention. Comme à chaque fois qu'il se trouvait devant un concept inconnu, sa curiosité prenait le dessus et le poussait à aller explorer ce nouveau territoire riches de nouvelles variables. Et ainsi déclencha une avalanche de questions. En parlant ses mains suivait ses intonations de voix et s'activait au rythme de chacune de ses syllabes. Tout en regardant son interlocutrice droit dans les yeux, le buste à légèrement incliné dans sa direction, dénotant de l'intérêt que cette discussion éveillait en lui.

"Je vous avoue mon ignorance, car je ne connais ni ce culte, ni cette divinité. Peut être vous pouvez m'en dire plus ? Quels sont leur revendications ? Quel pourrait être leur lien avec cette affaire ? Mais d'ailleurs comment avez vous eu accès a leur identité, leur anonymat était protégé par leur accoutrement ?"

Puis, réalisant qu'il s'emballait.

"Pardonnez mon enthousiasme, je ne voudrais pas vous effrayer, mais si ce que vous dites est vrai, cela mérite qu'on y prête attention, car cela implique la décision judiciaire est biaisé. Et si le protocole de sélection aléatoire des jurys n'a pas été respecté nous nous trouvons déjà devant un vice de procédure. Et cela remettrait tout en cause !"

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Beaucoup de mots et de gestes, oubli de sa bière et de sa cigarette : l'agitation dans laquelle venait de plonger l'avocat était claire. L'homme en avait d'ailleurs conscience et il en expliqua les raisons après avoir déversé ses questions. Aniram lui sourit sobrement d'un air compatissant. Elle décida de répondre à la prochaine question qui allait être posée :

- Un jus d'orange. Ce sera tout.

Le serveur, qui venait tout juste d'arriver au niveau d'Aniram, resta sur place un instant - vraisemblablement plus surpris par l'anticipation de la femme que par l'impolitesse de ne même pas l'avoir regardé pour passer commande. Il s'en retourna finalement à l'intérieur de l'établissement. La femme posa ses deux mains jointes, dont l'une tenait toujours son carnet, devant elle sur la table.

- Écoutez Maître Krahte, je peux vous dire beaucoup de choses. Des choses d'ordre public comme ce qu'est le culte de Shariva, et des choses plus sensibles comme leur lien avec le jugement. En revanche, pour votre sécurité et la mienne, ces derniers éléments ne doivent pas être révélés publiquement, par exemple dans le cadre d'un recours juridique, sans certaines conditions.

Aniram s'était à son tour légèrement penchée vers son interlocuteur pour donner des airs de confidence à ce qui était un avertissement. Elle se redressa doucement en fixant silencieusement l'avocat pendant que le serveur déposait un verre de jus devant ses mains plaquées sur son carnet. Une fois l'homme repartit, la femme reprit la parole sur un ton plus bas.

- Le culte de Shariva est une création d'un richissime criminel d'Amakna. Shariva serait une déesse mineure avec pour attribution le "tumulte". Un terme fourre-tout et mystificateur pour un spectre d'actions allant du cirque public au chaos et à la destruction. Elle possède un temple dans la ville d'Astrub. Plusieurs clans, dont des organisations armées, lui ont fait allégeance. Elle a aussi des disciples élus nommés "favoris". Ce sont des individus dangereux.

La femme marqua une pause en buvant une gorgée de jus. La discrétion de son volume d'élocution avait peut-être donné plus d'intensité à ses propos, mais elle continuait d'afficher une expression sobre et détachée. En parlant, son regard avait reprit sa promenade méthodique entre l'avocat et l'environnement autour d'eux.

- Maintenant, avant de discuter de choses plus sensibles, je souhaite vous donner un dernier élément. Votre avis m'indiquera s'il est pertinent d'aller plus loin ensemble.

Aniram Lepiou planta son regard dans les yeux d'Alfonso Krahte. Elle parla en articulant particulièrement.

- Le pseudonyme du puissant criminel amaknéen, qui se revendique prophète de Shariva et qui usurpe le titre de marquis, est : Lhambadda. Peut-être que ces syllabes vous évoquent quelque chose de familier ?

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La réponse, si pondérée d'Aniram, en tel contraste avec sa propre effervescence, avait instantanément tempéré Alfonso. Il avait réajusté ses petites lunettes rondes sur son nez, et écouté avec attention en s'installant en tailleur sur sa chaise. Bien que cette position ne paraisse pas des plus confortable, elle lui seyait et lui permettait d'être plus concentré. Bien qu'elle lui donna l'air d'un drôle de hibou, perché sur sa branche. 

Il avait légèrement hoché la tête lorsque le serveur été venu déposer le verre, signifiant a son interlocutrice qu'il avait saisi les significations sous-jacentes de ses mots. Il avait ensuite profité de cet pause pour tirer une bouffée sur sa cigarette.

Les mots qui vinrent ensuite le laissèrent cependant quelque peu perplexe, ayant suivi l'étude des Lois, l'Ordre avait été pour lui un fondement de sa psyché et il se demandait quelles pouvaient être les valeurs qui poussait des individus à se revendiquer vecteur de Chaos, ou "tumulte" comme ils semblaient se nommer. Mais comme il n'y a pas d'ombre sans lumière, ces deux notions ne pouvaient exister l'une sans l'autre.

Mais la dernière intervention sonna comme un défi au oreilles d'Alfonso, ainsi il pris une gorgée de son breuvage et annonça espérant désamorcer un peu la situation :

"Oui tout à fait, j'ai quelque peu pratiqué la danse, le Lent Bas Da est un pas de danse très amusant, attendez je vous montre."

Sur ces paroles, il se leva et ignorant les gens autour de lui commença à siffloter quelques notes en se déhanchant souplement en rythme. Et ses mouvements était plutôt élégant, démonstration réussi de quelques séances d'entraînement. La scène avait cependant quelque chose d'incongru en un tel lieu et Alfonso se rassis dans sa position précédente avant que l'entourage ne commence a se demander qui pouvait bien être ce drôle d’hurluberlu.

Il repris un ton plus bas :

"C'est un pas qui se danse à deux, je pourrais vous montrer un jour si vous le souhaitez. Mais, cette parenthèse chorégraphique fermée, revenons en à nos bouftous, j'ai évidemment entendu parlé du marquis Lhambada, et des rumeurs qui circulent autour de cet homme. On dit de lui qu'il manipule les Destins d'autres disent qu'il a pactisé avec Rushu, et bien d'autres choses encore...

Mais je vous avoue que je n'y ai guère prêté attention, vous savez comment sont les gens, ils font d'un grain de poussière une montagne.
Vous me voyez donc maintenant dans l'expectative, pensez vous que ce culte par quelques moyens obscures aie pu manipulé l'issue du procès ? Et pour les intérêts de qui, du réel coupable ou peut être pour alimenter ce tumulte ?"

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Quelques têtes plus bas, entre genoux et sciure, là où de plus imposants individus auraient dit « entre terre et mer », se faufilait un individu à la verticalité contrariée et à l’horizontalité chagrinée.

Entre jambes, godasses, bottes et autres hurlements surpris, parmi les odeurs de cuir, de petons-pas-frais et de pets pas nets, il progressait.

La morale dans les chaussettes, ou pas loin de l’être, le moral bringuebalant et l’idée fixe à défaut d’avoir de quoi sauver sa face, la chose dérisoire se frayait un chemin dans une forêt mouvante, esquivant, tant bien que mal, les souliers tantôt crottés, souvent cloutés, et les semelles baladeuses qui ne manquaient pas, un coup sur cinq, de lui faire lâcher un glapissement douloureux lorsqu’elles venaient s’abattre, inconscientes, sur ce qui lui tenait lieu d’orteils.

Telle était sa vie, telle était sa tâche : il lui fallait servir, suivre et subir. Pas toujours dans cet ordre-ci, parfois même pas du tout. Si ce n’est pire, voire moins réjouissant. Bref, ça puait en règle générale, et l’ordure qui se vautrait désormais dans une flaque de bière n’en était pas systématiquement responsable.

Or donc, remis de ses pérégrinations quasi-simiesques, follement désagréables et certainement peu enviables, le p’tit machin auquel personne ne prêtait plus d’attention qu’à la cinquième roue d’une chaise à porteurs parvint au terme de son voyage.

Il avait avisé la paire de ballerines chérie, adulée, crainte et, disons-le clairement, parfois fantasmée dans les tréfonds de quelques nuits solitaires. « Il », oui, car la chose était mâle. Un mâle en soi ou, plutôt, en lui. Sans soie qui luit, attention. Un mâle nécessaire, en tout cas.

La misérable créature s’écrasa à plat ventre aux pieds de sa maîtresse et croassa, dans une parodie d’articulation qui aurait fait frémir les plus laxistes des Maîtres Nommeurs du culte d’Eniripsa. Face contre terre, elle débita une litanie qui avait tout l’air d’un compte-rendu :

« V’ai fait fe que vous m’aviez demandé, maîtrrreffe… Ve n’ai rien trouvé v’aux therrrrrmes de la ville… Aucune trrrrafe fi fe n’est un voile de glafe sur le murrr oueft. »

L’entité leva ses yeux globuleux en direction de sa commanditaire.

« Même fove dans les fous-fols de la fité : on dirrrrrait qu’une fér... férémonie f’y est tenue, mais ve n’ai pas pu en identifier les parrrrtifipants… »

Puis elle couina, alors que Maître Krahte s’étonnait de sa répugnante présence à un nez de la voûte plantaire de son interlocutrice.

« Ve me pends et me rrrrépands en fupplicafions, ô doufe maîtrrreffe… Pardonnez-moi, ve n’ai fait que mon devoirrr avec les maigrrrrres capafités qui font les miennes… »

Un soupir méprisant d’Aniram acheva de crucifier l'informateur chétif. Lequel s’agita, remuant ses larges oreilles qui n’auraient pas démérité si l’envie avait pris quelqu’un de s’en servir comme d’éventails.

« La bibliothèque munifipale, maîtreffe ! La bibliothèque a rrrrrrefu l’une de « leurs » vivites ! Et le boufer de la plafe Fans-Os a parlé de carrrrrrcaffes qui ont difparrrru il y a deux nuits de fela. »

Puis, guettant le moindre signe d’approbation sur le visage inexpressif de l’adoratrice de Sram, l’avorton glapit sur un ton chargé de crainte et de dévotion.

« Ai-ve bien rrrépondu à vos v’attentes, doufe maîtreffe ? Me fuis-ve montrrré à la hauteurrrr de la tâfe que vous m’avez confiée ? »

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Grâce à sa foi inébranlable en Sram et à un entrainement intensif, Aniram réussit à ne rien laisser transparaître de combien la démonstration de l'avocat l'avait affligé. En l'absence d'action ou d'insolite, l'expression faciale d'Aniram passait principalement pour un air sobre et sérieux. Mais quand on se dandinait devant elle en public en lui proposant de venir danser et que ses traits restaient inchangés : ce qui était interprété plus tôt pour de la sobriété prenait des airs d'impassibilité.

- Pour répondre à vos questions, je pense effectivement qu'ils ont manipulé l'issue du procès. Concernant l'aspect "alimenter le tumulte" je crois qu'il y a trois manières d'approcher la chose : considérer que "Shariva" est une divinité réelle et que les actions du culte visent donc à renforcer ses pouvoirs et à étendre son influence, considérer que "Shariva" n'est qu'une couverture de Lhambadda pour mener des actions visant à atteindre des objectifs ou à servir des intérêts bien plus concrets, ou considérer qu'il s'agit d'un mélange des deux et que Lhambadda s'est effectivement allié avec une entité et que les actions du culte visent autant à renforcer le pouvoir et la richesse de l'homme que le pouvoir et l'importance de l'entité.

La femme marqua une pause en parcourant la rue du regard. Quelque chose approchait. Une chose rampante, grouillante et aussi serviable que dérangeante. Elle reprit rapidement :

- Concernant votre démonstration de danse. Je ne faisais pas allusion à cette pratique mais plutôt au nom de la vil...

Aniram fut interrompue par l'arrivée de la chose sus-mentionnée. Aplati contre le sol crasseux, le nouvel arrivant fit son rapport aux pieds de sa maîtresse. Un rapport oral, fort heureusement. La femme accorda à l'être grossier un regard bref, en guise de récompense.

- Des pistes mais rien de concret. Il est donc un peu tôt pour déterminer si tes allers et venus ont servi à autre chose qu'à faire la poussière aux quatre coins de la ville, Gibz... Ksit... Brigz...

Si les derniers sons émis par Aniram ressemblaient à s'y méprendre à une série de courts-circuits sur une tourelle steamer, il n'en était rien. Il s'agissait de vaines tentatives de prononcer le nom du pauvre être peau-verte déviant dévoué. En attendant de pouvoir répondre au nom de Xyts - le jour où sa maîtresse réussirait à s'en souvenir et à le prononcer correctement, le gobelin obéissait au fouet à la ballerine. Aniram finit son verre de jus d'une traite avant de s'adresser à l'avocat :

- Nous avons donc quelques pistes concernant des activités de membres de ce culte en ville. Est-ce que l'une d'entre elles attire votre attention ? Peut-être que vous avez une autre idée de par où nous pourrions commencer ou une idée d'où je pourrais envoyer Byts en repérage ? À moins que vous n'ayez encore des doutes sur le sérieux de cette affaire ?

Aniram glissa sous la table sa main qui tenait son carnet de notes. Son autre main était désormais paume contre la table, prête à prendre appui. La femme était visiblement sur le point de quitter le lieu, avec ou sans Alfonso.
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Malgré la réelle déception causée par le peu de cas que son interlocutrice fit de sa tentative de briser la glace, il ne laissa rien laisser paraître. Et si un vague soupir lui échappa peut-être, il fut pour le moins interrompu par un sursaut monumental lorsque ce qu’il avait d’abord pris pour un simple Chacha curieux s’était mis à baragouiner quelques expressions à demi-déchiffrable.

Ainsi, la créature avait fait un rapport détaillé de la situation de la ville, tout du moins de ses pérégrinations, il l’avait parcouru en long en large et en travers, et jusque dans le sous-sol. Si elle avait pu voler aurait-elle été exploré les toits et les nuages ? Une question qui resterait sans nul doute à jamais en suspens…

La prononciation imparfaite rendait la situation presque comique, et Alfonso afficha un sourire franc, une lueur amusée dans les yeux. En effet, l’envie du petit-être à se montrer serviable rendait ses mouvements agités, alors sa maîtresse dont l’habitude à rester de glace resta figé presque toute son intervention. Le contraste ainsi crée rendait la scène digne d’une Comédie.

Mais déjà, Aniram semblait prête à partir, et l’avocat s’empressa de lui livrer le fruit de son analyse. Alors qu’il allait dérouler un argumentaire, Alfonso pris inconsciemment une posture très professionnelle, qui jurait avec son comportement depuis le début de leur rencontre. Il la regardait droit dans les yeux, ceux-ci brillaient avec intensité et ses paroles était posé. Son interlocutrice, qui avait suivi le procès pouvait reconnaître aisément le ton qu’il y avait utilisé :

« Eh bien, si je devais essayer de rassembler le puzzle en me basant sur les dires de votre serviteur et ce que nous savons déjà, je le verrais ainsi : Les cultistes rassemblent les ingrédients de leur cérémonie à la place des bouchers, il y a deux jours, ils réalisent leur rituel hier dans les égouts hier, et leur sort se réalise aujourd’hui pour la fin du procès. La Bibliothèque me paraît intéressante, car on dirait qu’elle est un point de chute régulier de leurs activités. Et quand ce qui concerne ce voile de glafe, je ne crois pas avoir bien saisi ce qu’il a voulu dire. »

Il s’interrompit pour relâcher un nuage de fumée, et laisser le cours de sa pensée terminer son raisonnement :

« Je ne suis pas vraiment un grand détective, mais si je devais prioriser nos visites je mettrais en premier la bibliothèque, car c’est là où nous auront le plus de chance de les trouver, ensuite je visiterai ensuite les lieux dans l’ordre chronologique pour essayer de remonter leurs traces. Même si je vous avoue que les sous-sols ne m’attirent pas spécialement. Et enfin les thermes pour je ne sais quelle raison.

Une autre opportunité qui s’offre à nous, à défaut du reste serait de rassembler des informations auprès de l’administration du tribunal. Les magistrats comme le personnel, tout changements issus des derniers jours pourrait être suspects et nous aider à avancer. Ensuite les lieux, plus ou moins proches mais lié à l’affaire en elle-même. Le manoir Midofis, les salles de jeu que visitait mon client, et les lieux de stockage de leurs marchandises. 
» 

Il termina son verre, se leva, prêt à partir et regarda en direction de la créature

« Nous avons donc du pain sur la planche, merci Byts de t’être donné ces efforts, nous saurons en faire bon usage. »

Enfin, son regard revenant vers la jeune Sram déjà sur le point de décamper, et en reprenant son attitude avenante et enjouée initiale.

« Ce programme vous convient-il, Aniram ?

Oh, et tant que nous sommes en route, je serais ravi d’entendre plus en détails quelles sont vos motivations pour retrouver ce groupuscule d’anarchiste »

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