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[Pandore ~ En cours] C'toi le Coeur du carnet rose.

Par [Mal-Jabar] - MAÎTRE DU JEU - 11 Août 2017 - 18:19:37
Lhambadda ~ Bibliothèque ~ Carnet Rose

"Bonjour,

Je m'excuse de vous déranger dans vos échanges - ceci dit, c'est un carnet dans lequel chacun est libre d'écrire. Je vous lis avec attention depuis plusieurs semaines, et je suis aujourd'hui persuadée d'avoir fait le bon choix. 
Mon nom importe peu. Ce qui compte, c'est que je suis un membre du Coeur du Tumulte. Le but de notre organisation, est de mettre en lumière un des plus grands mensonges du Monde des Douze. Ce mensonge est la raison pour laquelle vous n'arrivez pas à vous rencontrer, alors que vous vous rendez tous deux à la même taverne, aux mêmes heures. Ce mensonge est la raison pour laquelle vous entendez parfois des bruits, ou avez la sensation d'être observé, alors qu'il n'y a personne. Ce mensonge est la raison pour laquelle mes confrères et moi travaillons d'arrache-pied, sans relâche pour faire éclater la vérité au grand jour. 
La chose est trop compliquée à expliquer par écrit, et pour vous prouver que je dis la vérité, nous allons avoir besoin de monde. De beaucoup de monde. Je vais essayer de faire passer le mot, tentez de faire de même. Donnons-nous rendez-vous ce 12 fraouctor 647, à 14h15, à l'extérieur du Brakdad Café. Il se trouve au nord de Brâkmar. 


Si jamais, par chance, vous lisez ces lignes et que vous êtes un aventurier en quête de savoir, que vous cherchez à connaître la vérité, n'hésitez pas à nous rejoindre. 

Un membre du Coeur du Tumulte."


[Cet échange est le dernier d'une série de correspondances entre Teras et Tomste, deux personnages qui ont commencé à dialoguer par le biais du carnet rose -un carnet dans lequel de petites phrases courtes, des "amorces" sont proposées, que chacun peut prendre et tourner en véritables histoires- et ont tenté de se rencontrer à la taverne d'Astrub, sans succès. Vous pouvez retrouver ces échanges par ordre chronologique ci dessous, ou bien directement dans le carnet rose, dans la Taverne du Bwork qui Crâche. Lire ces échanges n'est pas indispensable pour l'animation, mais ça vous permettra la vivre avec plus de profondeur et de mieux l'apprécier !]
Réactions 9
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Alors que vous priez Shariva pour une demande que seul vous connaissez, un favori apparaît et vous apprend que Shariva ne restera pas forcément insensible à vos prières.

L’histoire que je vais vous raconter est aussi triste qu'elle est belle. Elle concerne un vieil ami à moi qui se prénommait Ceira. Venant d’une riche famille commerçante de la petite cité d’Astrub, il ne manquait de rien et avait eu la plus tendre enfance possible. Ceira était un grand rêveur, il aimait flâner en prenant note des événements de la vie quotidienne se déroulant à Astrub ; notes dont il se servait ensuite pour écrire des histoires. Il avait le don de transformer une dispute de couple ou la recherche d’un chacha égaré en une aventure pleine de rebondissements ! Il avait plus qu’un don ou qu’une passion pour l’écriture : il ne vivait que pour elle. Quant à moi, je me plaisais à écouter toutes les histoires provenant de sa plume.

Dans la force de l’âge, il voulut publier ses histoires. J’étais allé plusieurs fois chez lui et j’avais pu voir les montagnes de parchemins, de carnets, de plumes et d’encriers vides éparpillés dans sa chambre. Il avait de la matière à revendre et j’en savais quelque chose puisque j’étais moi-même son premier admirateur. Ceira fit plusieurs fois le tour des marchands et des maisons de copieurs mais personne ne voulu lui donner sa chance : il n’était pas connu, personne ne lui faisait confiance. Je l’ai alors vu perdre petit à petit de son engouement, de sa volonté ; j’ai vu l’étincelle qu’il avait auparavant au fond des yeux s’éteindre doucement, sans pouvoir faire quoique ce soit pour l’aider.

Un jour, après un énième refus, il découvrit une grande demeure dans le centre de la cité. Elle semblait avoir été rénovée et quand il entra, il fut surpris de la propreté et de la majestueuse décoration des lieux. Le vestibule l’impressionna par un spectacle de couleurs chatoyantes offert par les ornements. Son exploration se poursuivit par la découverte d’une salle de spectacle monumentale qui témoignait d’un goût sûr pour le divertissement. Il arriva finalement dans l’endroit qui signerait le tournant de sa vie : la bibliothèque. C’était un lieu auguste à l’ambiance feutrée dont les étagères étaient richement fournies d’ouvrages contenant des histoires aussi passionnantes qu’incroyables. Les tables vernies étaient lisses comme un lac avant qu’une goutte de pluie ne vienne s’y déposer. Elles étaient garnies de livres, de parchemins et de plumes. En somme : l’endroit où on rêve de pouvoir s'installer pour lire et écrire de nouvelles aventures !

Il revint les jours suivants et passa de plus en plus de temps à l’intérieur de la bâtisse, plus connue sous le nom de manoir Lhambadda. Il s’agissait de la maison d’un marquis vénérant une charmante petite déesse rieuse : Shariva. Petit à petit, Ceira commença à s’imprégner de l’ambiance des lieux : là-bas tout n’était que mystère, atmosphère étrange et pourtant très apaisante. Il s’y sentait comme chez lui et cela raviva son inspiration.

Je peux confirmer que

La phrase semble n'avoir pas été terminée en démontre la trace d'une plume ayant glissé vivement, l'auteur aura certainement été dérangé.

[Rédigé par Malma-Jeste]
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Cher auteur de cette amorce "Alors que vous priez Shariva pour une demande que seul vous connaissez, un favori apparaît et vous apprend que Shariva ne restera pas forcément insensible à vos prières.

Tout d’abord, merci à vous et à tous ceux qui écrivent dans ce carnet, merci pour vos histoires pleines de rires, de tristesses, de sentiments… Merci de me faire rêver chaque fois que je viens ici, espérant chaque fois découvrir une nouvelle histoire pour égayer mes soirées. 

Je sens dans votre écrit une certaine forme d’envie personnelle, comme s’il ne présentait pas un personnage créé de toute pièce, mais qu'il s'agissait plutôt d'une représentation fictive de vous-même. C’est dans ce sens, que je pense avoir pu le mieux apprécier ce récit. J'y sens une réelle volonté. Je m'interroge cependant, votre récit laisse dans ma bouche un goût amer d'inachevé, d'incomplet. Le syndrome de la page blanche vous aurait-il touché à mi-parcours ? 

Curieux que je suis, j'espère sincèrement que vous reprendrez la plume et que chacun pourra à l’avenir continuer à lire votre histoire, ou même vos histoires si jamais le cœur vous en dit. Ce lieu si particulier qu'est le manoir de Lhambadda me semble vraiment propice à l'inspiration. Je ne suis pas écrivain - je manque d'un talent inné -, mais si je l'étais, cette demeure emplie de mystères et de magie serait certainement source de génie. Ici, on laisse divaguer notre esprit, on laisse l'imagination prendre le pas lorsqu'on lit ces histoires, lorsque l'on regarde ces armes témoignant de milles batailles, ou lorsque l'on s'assoit devant les gradins de la pièce de théâtre. J'espère vraiment que vous pourrez revenir compléter votre histoire, si j'ai vu juste et qu'elle est incomplète. 

Cher auteur de cette amorce "C’est l’histoire d’un mansot, d’un glourson et d’un écumouth qui entrent dans une taverne...

Je viens tout juste de la lire avec joie. Sérieuse et amusante à la fois, elle mêle créatures de Frigost dans une ambiance évoquant Saharach, une opposition très intéressante. La fin offre une potentielle suite, peut-être dans une prochaine amorce... Ce serait très bien joué ! Je suis certain que le duel de Billy et John pourrait se trouver dans l'une d'elle, ou la revanche de Dick peut-être ! J'espère pouvoir lire cela à l'avenir. 
Le vocabulaire quant à lui est assez cru, mais cela offre une différence avec les autres écrits, le thème y convient également. Je vous encourage vivement pour vos prochains textes ! 

Je pense que Le rose ne m'en voudra pas d'avoir écrit autre chose qu'un récit dans ce carnet, 
Tomste
[Rédigé par Maux-Jypcien]
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Cher Tomste,

Je ne m’attendais guère à ce que mon histoire soit lue -aussi rapidement, qui plus est-, mais savoir que quelqu’un a apprécié l’un de mes écrits me touche beaucoup. L’écriture est un plaisir quotidien pour moi. J’aime rédiger des histoires le soir, tranquillement installé chez moi. 

Cette histoire est particulière car je l’ai rédigé dans cette bibliothèque bien curieuse. J’y suis arrivé par le plus pur des hasards et j’ai découvert avec plaisir les histoires laissées par mes confrères -si j'ose écrire- aux plumes diverses et variées. Nuits après nuits, je me suis perdu dans les rêves des uns et dans les cauchemars des autres, je me suis laissé porter vers des mondes merveilleux et dans des aventures trépidantes. 

Jour après jour, je suis donc revenu pour lire encore et encore ce fabuleux carnet. Ce n'est qu'après avoir lu chacune des histoires que je me suis lancé à mon tour et que j’ai commencé la rédaction de la nouvelle que vous avez lu. Voyez-vous, j’utilise bien le terme « commencer » car comme vous l'avez si bien observé, cette nouvelle n’est pas terminée. Je n’en ai pas eu le temps ou tout du moins l’envie.

L'autre soir, j'écrivais donc tranquillement, installé sur les tabourets confortables de cette grande et belle bibliothèque, lorsqu'il m'a semblé entendre un drôle de grincement sur le parquet. Il n’y avait personne mais le plancher grinçait. Pourquoi pas, me direz-vous. Le vent et l'humidité peuvent faire ployer le bois de ce manoir. Seul, en pleine nuit, dans une bibliothèque, vous en conviendrez tout de même : ce n'est pas rassurant. Mais admettons. C'est quelques minutes après avoir entendu les premiers grincements, que j'ai commencé à me sentir mal à l'aise. Il y avait comme un souffle, une aura, je ne saurais pas définir la chose. J’avais l’impression que quelque chose était au-dessus de moi. Me regardait. Regardait ce que j'écrivais. J'ai beau ne pas me qualifier de froussard, mon cœur battait pourtant la chamade. Au plus je réfléchissais, au plus la peur s’emparait de moi. J'avais commencé un nouveau paragraphe, mais trop inquiet, j'ai préféré partir. Mon père se moquerait bien de moi !

Me voilà aujourd'hui revenu. J'aime bien trop ce lieu, ses sièges confortables, ses grandes bibliothèques, sa salle de théâtre, pour m'en séparer après un simple moment de frayeur. Je garde cependant un léger un sentiment de malaise en me trouvant ici. Alors même que j'écris ces quelques lignes, j'entends comme un toussotement provenir d'en bas. Pourtant, je suis sûr de n'avoir entendu personne rentrer. C'est surement mon imagination -abreuvée par mes talents d'écrivains- et ces lieux propices aux rêves, qui me jouent des tours. Ah ! Je viens juste de voir une petite fécatte passer. Elle a des cheveux magnifiques, violets. Ce n'est pas la première fois que je la vois ici, je devrais lui demander son nom. Peut-être lira-t-elle ces mots et se reconnaîtra-t-elle !

Je vous laisse la suite de mon histoire, j’espère qu’elle vous plaira tout autant que le début.

Bonne lecture à vous,
Teras.

PS : Je suis sûr que Le rose ne vous en voudra pas -ni ne m'en voudra, d'ailleurs- : c'est d'ailleurs cet échange qui m'a donné la motivation de terminer mon histoire ! 

Je peux confirmer que ses histoires étaient de mieux en mieux : mon ami avait trouvé sa source d’inspiration. Néanmoins, cela ne l’aida pas plus à se faire connaître et je le vis de nouveau perdre toute confiance en lui.
Je le croisai plus tard dans le mois avec un sourire aux lèvres. Cela m’intriguait car je ne l’avais pas vu aussi bien depuis de longues semaines. Je lui demandai ce qui pouvait bien le rendre d’humeur si joviale et il me raconta ce qui lui était arrivé. En inspectant le manoir Lhambadda, il était tombé sur un petit sanctuaire où se trouvait la statue de la déesse du Tumulte. Désespéré, Ceira s’était agenouillé devant la statue et avait prié pour que sa cote de popularité augmente, pour qu’on accepte de publier ses histoires et qu’il soit reconnu comme écrivain. Il n'avait pas très bien compris la suite des événements : un encapuchonné était apparu devant lui et lui promis que Shariva ne se montrerait pas insensible à ses prières et que ses vœux pourraient se réaliser plus vite qu’il le croyait. Il ne me raconta que cela et au départ je dois bien avouer avoir eu du mal à le croire. Il me fallut pourtant me résigner à le croire car mon ami devint très populaire. Il lui suffisait d’entrer dans une bibliothèque pour qu’on le reconnaisse et lui demande sa signature ; il recevait des offres de tous les marchands des environs et d’ailleurs : il réalisait enfin son rêve.

Et si l’histoire se terminait comme ça, quel bonheur cela serait ! Malheureusement, la fin de mon histoire est un peu moins heureuse. 

Ceira fut mis sur un piédestal, tout le monde s’arrachait ses histoires et bien vite il fut à court de récits à proposer à ses admirateurs. La pression augmenta, le travail demandé décupla et mon ami s’en trouva dépassé. Son bonheur s’estompa aussi rapidement qu’il était venu. Ceira n’arrivait plus à suivre le rythme des publications. Il n’était plus jamais tranquille, même dans le manoir où il trouvait auparavant son inspiration et le calme nécessaire à la rédaction. On le suivait partout, on l’interpelait, on lui commandait des histoires mais Ceira ne pouvait pas contenter tout le monde. On le considéra comme fainéant, incapable de respecter ses engagements et ce fut trop de reproches à supporter pour mon pauvre ami.

Il nous quitta, un beau soir où luisaient les étoiles, accompagné vers la mort d’un petit rire cristallin se perdant dans le fond des ténèbres.
 

[Rédigé par Malma-Jeste]
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Teras,

C'est un plaisir pour moi de voir que vous être revenu, malgré votre peur de l'autre soir ! J'ai moi même été persuadé d'entendre des choses dans ce manoir par le passé, de ne pas être seul, mais je n'avais simplement pas entendu une personne rentrer dans la bâtisse. Ici, il est tellement facile de s'absorber dans notre lecture, dans nos activités, qu'on en oublie bien rapidement le monde qui nous entoure. Je suis certain qu'il y avait quelqu'un, simplement que vous ne l'avez pas vu. Ce manoir est grand, et il possède sûrement certaines pièces cachées. Le grenier semble un peu petit d'ailleurs par rapport à la taille du toit, d'ailleurs... 

Ça a encore été un plaisir pour moi de lire votre écrit. Vous donnez cependant une fin bien funeste et abrupte à votre personnage, alors même qu'il atteignait un de ses buts les plus chers. Je trouve souvent chez les écrivains une certaine tendance au tragique, au pathos, au malheur, comme s'ils tiraient de ces éléments une inspiration particulière, dont l'origine transparaîtrait sur leurs écrits, comme ici. Souvent, ces mêmes écrivains sont bien malheureux. J'ose espérer que cette histoire n'est pas un reflet de vous même ou encore de votre condition, mais plutôt un récit inventé de toute pièce -si ce n'est l'amorce donnée par Le rose-, dont cette fin ironique n'était pour vous que la conclusion la plus appropriée. Je ne crains pas les fins tragiques, je crains simplement qu'elles reflètent parfois un peu trop l'état d'esprit de leur auteur. Si jamais c'était le cas, sachez que je suis là si vous souhaitez discuter autour d'une bière de bwork un soir. Parler un peu, même avec des gens qu'on ne connaît pas, peut être relaxant !
Je me permets par ailleurs de souligner à quel point , malgré la fin tragique, j'ai apprécié la dernière phrase. Elle découle parfaitement du reste du texte, et suggère de manière très appropriée le destin de ce personnage. Le rire cristallin de la mort -ou est-ce l'encapuchonné ?- qui salue son départ vers l'externam est d'un goût assez exquis.

Je suis en tout cas ravi de voir que vous avez pu terminer cette histoire. J'aimerais beaucoup vous en voir développer d'autres, si vous avez le temps et l'inspiration ! 
Mon oncle avait pour habitude de me lire des livres, petit. C'est de là que j'ai développé ce goût pour la lecture, et si je n'ai pas le talent pour écrire moi même comme vous le faites, je me console en me disant que ne pas écrire me laisse plus de temps pour lire !

Je vais filer, j'entends une dispute à l'étage du dessous, je vais voir !
Tomste
 [Rédigé par Mal-Jabar]
Score : 2552
Cher Tomste, 

Je vous comprends parfaitement : ce manoir est le paradis de l’évasion imaginaire. Je dois de plus en plus me faire violence pour le quitter afin de rentrer chez moi. Je m’y sens à ma place même s’il m’arrive parfois de ressentir un certain malaise : c’est très troublant ce sentiment paradoxal qui me prend par moment. Je me sens rassuré et effrayé en même temps. Parfois mon instinct me crie de m’en aller mais je ne peux m’y résoudre. Lorsque j’entends un bruit, je suis partagé entre la curiosité et la crainte. Enfin, tout dépend du bruit. Je crois d'ailleurs qu’une fête a lieu dans la salle de réception à côté, j’entends des rires et une douce musique comme s’il s’agissait d’un bal. Sitôt cette réponse terminée, j’irai voir ce qu’il en est pour profiter peut-être, je l’espère, d’une charmante soirée. 

Oh, je recommence à me sentir étrange… Parfois, alors que j’écris, je me sens ailleurs comme si j’étais sous l’effet d’un drôle de gaz : d'abord mes yeux piquent et je vois une sorte de scintillement, ensuite je me sens comme élevé dans les airs, comme si j'étais transporté ailleurs. Si vous avez déjà eu l’occasion de vous rendre dans les terres non loin de la cité Pourpre vous n’avez guère pu rater ces champignons gigantesques qui libèrent des spores. C’est exactement ça : c’est comme si je me trouvais là-bas, à respirer ce gaz relâché alors que je n’ai pas bougé de la bibliothèque. Mon intuition me dit que ce manoir est en quelque sorte responsable mais je ne saurais l’expliquer. 

Pour en revenir au sujet de notre correspondance, sachez que votre commentaire éclairé me touche. Il est rare de nos jours de croiser une personne capable d’apprécier une lecture tout en restant critique. Je vous donne raison : je me plais à donner aux personnages de mes histoires une fin funeste. Que voulez-vous ! C’est un style narratif que j’aime exploiter. Pour tout vous avouer, outre l’amorce présentée par Le Rose, mon inspiration m’est venue suite à la lecture d’un carnet assez curieux où il était fait mention de serments. Il semblait appartenir au Marquis de Lhambadda - le propriétaire du manoir - et ressemblait à un livre très ancien, relié de cuir où l’on trouvait l’emblème de la déesse du Tumulte. Je l’ai ouvert et le style d’écriture m’a envoûté : froid, mécanique et pourtant messager d’histoires aussi prenantes qu’effrayantes. Les récits sont concis, découpés par termes. Le vocabulaire est choisi avec précision, un peu comme un rapport scientifique. A peine mes yeux posés sur les caractères finement tracés sur les pages, j’ai été absorbé par ma lecture. J’ai l’impression que quelque chose a changé en moi, une autre façon de percevoir le monde ? Je ne sais pas moi-même. 

Cela dit -ou plutôt écrit-, j’ai eu une montée d’inspiration légendaire après cette lecture. Je vous rassure quand même, cette histoire n’est guère un reflet de ma condition ou de mon état d’esprit. Dernièrement, je me sens plutôt en joie à l’idée de retrouver une réponse à ce qui commence à ressembler à une correspondance. Vous me pardonnerez, j’espère, si je me garde de vous révéler exactement mon idée sur la fin de mon histoire. J’aime à croire que vous pensez à mon récit puis élaborez des théories inénarrables sur l’identité du personnage rieur. 

Sans votre encouragement, je n’aurais peut-être pas osé continuer l’histoire. Je ne vous comprends d'ailleurs pas quand vous osez m'écrire que vous n'avez pas de talent pour l'écriture : même à travers ces quelques courtes correspondances, ces courts échanges, je vous trouve déjà un style particulièrement riche.Pourquoi ne vous lancez-vous pas ? Essayez donc ! J’ai également été pris de passion pour la lecture étant jeune enfant, voici un autre centre d’intérêt qui nous est commun. 

J’espère que la dispute dont vous faites mention ne s’est pas trop mal terminée. Tenez-moi au courant, je souhaite en savoir plus. Peut-être que cela m’inspirera pour une autre histoire ? 

Au plaisir de vous relire sous peu, 

Amicalement, 
Teras.
[Rédigé par Malma-Jeste]
Score : 2552
Cher Teras,

Vous jugerez là en moi un piètre correspondant. Ni d'un impératif, ni d'un empêchement s'excusent ces deux longues semaines de silence. Cette maison qui émerveille nos sens comme notre esprit ne me reverra pas revenir si tard de si tôt. Vous moquerez-vous de moi ou penserez-vous que j'écris là une histoire de toute pièce si je vous affirme avoir vu vos dernières lignes s'écrire seules sur ce carnet ?
C'est l'esprit en ébullition et effrayé que je suis parti et me suis tenu à l'écart du manoir ces derniers jours.

Pensif et rêveur de toute ces histoires, je pense que je suis devenu la proie de mon imagination qui ne s'est pas gênée pour me jouer un bien mauvais tour. Quelques jours à l'écart m'ont permis de me calmer et de revenir sur ces événements et la place que ma fatigue et l'obscurité ont joué dans ce que j'ai cru voir. Je tâcherai d'être plus raisonnable dans mes heures de lecture pour m'éviter des frayeurs fantasmées à l'avenir.

N'est-ce tout de même pas fascinant l'effet qu'a la fatigue sur le corps ? Puis-je vraiment lui en vouloir d'altérer ma perception du monde au point de duper ce que je crois être vrai pour me plonger dans un récit imaginaire que je prise tant ? Je pense que la réponse est quand même oui, après tout, il faut être dans la réalité pour apprécier la fiction. Je m'en remets donc à la réalité et à la lucidité de mon esprit reposé.

Aujourd'hui, il fait grand jour et rien d’anormal ne viendra troubler ma quiétude et le plaisir que j'ai à répondre à cette correspondance. Vous me touchez quant à l'éloge que vous faites à mon écriture. Je tiens la vôtre en si haute estime qu'un compliment de votre part me touche profondément. Je pense que je vais écouter vos conseils et me risquer à l'écriture. Je réfléchirai prochainement à une histoire à compléter dans ce carnet. Je ne voudrais pas que Le Rose décide de retirer son carnet de peur qu'il ne serve plus à la création, j'apporterai donc ma pierre à l'édifice si l'inspiration me le permet.

Continuant sur le thème de l'inspiration, l'ouvrage traitant de « serments » est resté hors de ma portée malgré mes recherches dans les rayonnages. J'imagine qu'il a dû échapper à mon regard ou que vous l'avez tout simplement emprunté pour en apprendre davantage. Me ferez-vous le plaisir de m'indiquer dans quelle section l'ouvrage est rangé ou dans quelle section vous l'aurez rangé pour que je puisse assouvir ma curiosité ? Si ce livre vous a inspiré, je ne pense pas trop m'avancer en disant qu'il saura me captiver au plus haut point.

J'espère que vous n'aurez pas imaginé mauvaise aventure à cause de mon silence. Toutes les fantaisies dont j’abreuve mon esprit m'ont fait imager que vous étiez ce qui se rapprochait de l'esprit de ce carnet. Que de bêtises : je me suis bien rendu compte en revenant que l'encrier avait diminué proportionnellement à ce qui avait été écrit ici.

PS : Ne vous inquiétez pas de la dispute, il s'est avéré que quelqu'un a trébuché dans l'escalier. Préférant chercher un coupable plutôt qu'admettre sa maladresse, la personne tempêtait après une arakne au plafond. Finalement, je ne suis pas le plus étrange à m'imaginer des lignes qui s'écrivent seules !

En attendant avec impatience notre prochain échange,
Tomste
[Rédigé par Mu-Janji]
Score : 2552
Cher Tomste,

Une partie de moi est rassurée : je ne suis pas le seul à développer de trop mon imagination en me représentant des mondes, des dieux, et que sais-je encore, et à en subir les conséquences. A trop fertiliser son imagination, on finit par amincir la frontière entre le réel et le mythique, et à voir ce que l’on aimerait voir, comme vous qui pensez voir un carnet prendre vie ! Voilà qui serait bien terrifiant tout de même, si une telle chose était possible. Vous imaginez, vous lisez un livre, et celui-ci communique avec vous ?! Ca serait assez traumatisant... Je vous rassure en tout cas, je suis bien constitué de chair et d’os, et j’écris bel et bien moi-même sur ce carnet, avec de l’encre de poulpée et une plume de gélikan obtenue lors de mon unique passage sur l’Île de Frigost ! J’ai une sacrée histoire à raconter là-dessus d’ailleurs, je me suis retrouvé mêlé à un club clandestin de combats. J’en ferai peut-être le chapitre d’un de mes livres, un jour !

Je suis aussi rassuré par le fait de vous voir répondre de nouveau. J’ai craint quelque mésaventure vous concernant. (Je dois d’ailleurs avouer que, dans le cas de votre disparition, ce n’est pas tant votre mort qui m’aurait chagrinée, mais plutôt le fait de ne plus pouvoir vous lire et vous écrire... ce qui revient un peu au même, tout compte fait.)
Je suis persuadé qu’il est essentiel d’explorer un jour ce manoir, ses livres, ses pièces. Vous comme moi avons des ressentis étranges lorsque nous y sommes, ressentis qui semblent peu naturels. Ce qui me reste d'esprit rationnel préfère penser que c'est simplement notre imagination, particulièrement développée chez nous deux, et non pas quelque chose de plus inquiétant. Je n’ai pu ni consulter tous les ouvrages encore, ni examiner les armes disposées çà et là sur les murs, et je n’ai pu recueillir que des informations partielles sur l’origine de ce manoir, mais en temps voulu, j'essayerai de me renseigner. Idéalement, j'aimerais bien rencontrer le propriétaire, un jour. Je ne l'ai jamais croisé en plusieurs semaines passées ici !

D’ailleurs, je pense aussi qu’il serait intéressant que nous nous rencontrions ces prochains jours ? Nous ne nous sommes toujours pas croisés au manoir, et si vous le souhaitez, nous pourrions ainsi discuter, échanger, de vive voix. Je pourrai vous donner des conseils d’écriture pour vous lancer en tant qu’auteur -cette expérience qui semble tant vous faire peur !-, et en retour, je peux peut-être vous donner à lire quelques-uns de mes écrits sur lesquels vous pourriez me faire votre retour ? Vous me semblez honnête, passionné, et je suis prêt à parier que votre esprit de critique ne demande qu’à être stimulé ! Converser avec vous par le biais de ce carnet est tout à fait sympathique, mais je crains que ce ne soit pas vraiment son but. Une bonne discussion autour d’une bière à la taverne d’Astrub vous conviendrait-elle ? Je pense y être les deux prochains jours vers 13h00 ou bien 14h00, pour le déjeuner -je suis bien piètre cuisinier, je préfère acheter un plat chaud déjà préparé là bas-. Je vous y attendrai !
Mettre une bouille sur les gens avec qui on correspond, faire connaissance avec de nouvelles personnes, c’est élargir son horizon, son esprit… et rien de mieux pour l’imagination ! A propos d’imagination, avez-vous d’ailleurs conçu d’autres théories sur le personnage rieur dont nous parlions ? Je suis curieux !

Concernant le livre des serments, je ne l'ai pas revu. Je tâcherais de noter son emplacement exact, si je le revois. De mémoire, il était dans l'armoire près de l'échelle, sur l'étagère la plus haute. 

A très bientôt, peut-être à la taverne !
Teras.
[Rédigé par Mal-Jabar]
Score : 2552
Deux courts messages ont été griffonnés sur le haut d'une page. 

Bonjour Teras, 

Je suis un peu déçu, j'ai passé mes deux déjeuners hier à la taverne d'Astrub sans vous y croiser. J'ai bien parlé avec quelques bougres -dont un qui était un peu vulgaire, un certain Otackay-, mais personne ne s'est présenté sous votre nom. Vous est-il arrivé quelque chose, ou nous serions-nous manqués ? La taverne n'est pas si grande que ça, pourtant. J'y étais hier de 13h30 à 14h30, et environs aux mêmes heures aujourd'hui.
Tomste

Tomste,

Je ne comprends pas, j'étais pourtant à la taverne à ces heures là. Êtes-vous sûr que vous vous étiez au bon endroit ? Elle se trouve juste au nord de l'atelier des bijoutiers de la ville.

J'ai hâte de vous rencontrer ! 
Teras
[Rédigé par Mal-Jabar]
Score : 2552
Bonjour,

Je m'excuse de vous déranger dans vos échanges - ceci dit, c'est un carnet dans lequel chacun est libre d'écrire. Je vous lis avec attention depuis plusieurs semaines, et je suis aujourd'hui persuadé d'avoir fait le bon choix. 
Mon nom importe peu. Ce qui compte, c'est que je suis un membre du Coeur du Tumulte. Le but de notre organisation, est de mettre en lumière un des plus grands mensonges du Monde des Douze. Ce mensonge est la raison pour laquelle vous n'arrivez pas à vous rencontrer, alors que vous vous rendez tous deux à la même taverne, aux mêmes heures. Ce mensonge est la raison pour laquelle vous entendez parfois des bruits, ou avez la sensation d'être observé, alors qu'il n'y a personne. Ce mensonge est la raison pour laquelle mes confrères et moi travaillons d'arrache-pied, sans relâche pour faire éclater la vérité au grand jour. 
La chose est trop compliquée à expliquer par écrit, et pour vous prouver que je dis la vérité, nous allons avoir besoin de monde. De beaucoup de monde. Je vais essayer de faire passer le mot, tentez de faire de même. Donnons-nous rendez-vous ce 12 fraouctor 647, à 14h15, à l'extérieur du Brakdad Café. Il se trouve au nord de Brâkmar. 

Si jamais, par chance, vous lisez ces lignes et que vous êtes un aventurier en quête de savoir, que vous cherchez à connaître la vérité, n'hésitez pas à nous rejoindre. 
Un membre du Coeur du Tumulte.

[Rédigé par Mal-Jabar]